Michael Crichton le réalisateur-scénariste et Robin Cook le romancier ont des points en commun : ils sont tous deux issus des milieux médicaux, ont vécu à Boston (Crichton a étudié à l'université de Harvard, et Cook s'est fixé à Boston comme ophtalmologue). Ils sont tous les deux nés en 1942 et ont tous deux arrêté leur carrière médicale pour devenir romanciers. Morts suspectes (ou Coma) est le second roman de Robin Cook, ses romans étant toujours basés sur son expérience médicale, c'est ce qui les rend si réalistes. Quand Crichton adapte ce roman pour son second film (après s'être fait bien remarquer avec l'excellent thriller de science-fiction Mondwest en 1973), il n'a aucun mal à exploiter ce milieu médical avec un sujet qui fait froid dans le dos : le trafic d'organes ; c'est ce qui le rend très crédible et probable. Dès son premier film, il prouvait un talent pour la réalisation, et ici, il confirme ce talent avec une réalisation au cordeau et une véritable maîtrise du sens du suspense.
Pour traduire tout ça, il emploie la Canadienne Geneviève Bujold qui apporte une certaine fébrilité à ce rôle, et offre à Michael Douglas son premier film important après sa sortie de la série les Rues de San Francisco qu'il a tournée de 1972 à 1975 et qui lui a apporté une certaine célébrité. Il enchaînera la même année 1978 avec le Syndrome chinois, ces 2 films lanceront donc sa carrière cinématographique.
Dans les rôles secondaires, on a de bons suppléants comme Richard Widmark en directeur d'hôpital peu scrupuleux, Rip Torn en médecin-anesthésiste retors, et dans les petits rôles, on remarque Loïs Chiles et Tom Selleck en victimes désignées, Lance Le Gault dans le rôle d'un tueur brutal (il sera plus tard le colonel Dekker dans la série Agence tous risques), et un jeune Ed Harris (avec des cheveux) en médecin légiste très décontracté.
Voila donc un excellent thriller au suspense millimétré où Crichton mêle habilement éléments policiers, thèmes médicaux et une science-fiction où son futur n'est qu'un présent amélioré, le tout soutenu par la musique de Jerry Goldsmith qui délivre la dose d'angoisse adéquate à ce type de film. Un film oublié et méconnu qui mérite d'être redécouvert.