...Tellement qu'il est rempli de cliché sur les féministes.
Je devrais probablement dire que c’est un bon film parce qu’il défend les droits et la valeur des femmes… mais non : il est mal construit. L’héroïne se lance soudainement dans une rébellion féministe après avoir vu une vidéo, sans aucune montée dramatique crédible ni cohérence narrative. On retombe dans les éternels stéréotypes des lycées américains. Le roman, lui, mettait vraiment l’accent sur les actions féministes ; ici, tout s’efface au profit d’un récit de crise d’adolescence rebelle.
Et c’est dommage, car certains débuts de piste étaient prometteurs — comme la critique de l’interdiction des débardeurs pour les filles jugées "trop bien foutues". Ces "petits" sujets du quotidien, en apparence anodins, sont en réalité ce qui mine les femmes jour après jour. Mais tout cela est survolé.
Alors non :
Les féministes ne sont pas toutes des Riot Grrrl fan de punk à fond les ballons.
Elles ne sont pas toutes haineuses, ni ne rejettent systématiquement tout sur une société patriarcale. Ce n’est pas parce qu’un homme réussit que le système est forcément biaisé — une femme peut être moins compétente qu’un homme, et inversement.
Elles n’ont pas toutes un "daddy issue" expliquant une haine des figures paternelles, et donc des hommes. Ce ressort scénaristique a complètement discrédité le personnage principal et son message. On aurait dit une caricature de féministe vue par un macho.
Au final, j’en arrive à être d’accord (à contrecœur) avec le "connard de service" dans le film, au moment des élections : les filles utilisent parfois les mêmes méthodes que ceux qu’elles dénoncent — intimidation, humiliation, diffamation.
Moxie ne montre qu’une seule vision du féminisme, et pas la plus fine.
Si vous cherchez un film qui traite la cause des femmes avec sérieux et profondeur, regardez plutôt Les Suffragettes.