Un portrait documentaire à la fois attachant, exaspérant et désespérant de la descente finale d’un pays vers un autoritarisme oppressif, entièrement filmé clandestinement par un professeur courageux : c’est une œuvre saisissante de cinéma rebelle. Mr Nobody Against Putin s’impose finalement comme un acte de service autant qu’un hommage à une école qui n’est plus, à des élèves dont la vie a été et sera irrévocablement changée en pire par le régime, à un métier autrefois fécond. Talankin a produit un document incontournable et indélébile de guerre idéologique qui résonne bien au-delà de la Russie. Comment ça, un “nobody” ?
Sans chercher à dépeindre tous les Russes comme des « victimes » et en reconnaissant explicitement que la situation est bien pire pour les Ukrainiens, les images de Talankin rappellent que les enfants sont les victimes innocentes de la guerre. Si le sort de l’Ukraine est indéniablement horrifique, Mr Nobody Against Putin montre aussi un coût très réel et l’effet domino destructeur que cette invasion aura sur les civils russes.
Un exemple remarquable de modernisme cinématographique : un film réflexif qui fait de sa genèse son sujet et de sa substance morale son essence.