OK, trois Spielberg en quelques entrées de ce classement #600favoritefilms ça commence à faire beaucoup certes, mais promis après ça je vous laisse tranquilles d'un moment, il n'y en aura que 3 de plus pour la suite du classement (les très beaux "Minority Report" et "La guerre des mondes" ayant été recalés de peu). "Munich", l'un des films les plus crépusculaires et désespérés de son auteur, avec l'excellent et sous-estimé Eric Bana perdu dans un purgatoire moral et abandonné par sa mère... patrie, termine ainsi au pied de mon podium du cinéaste. Un grand film désabusé digne des meilleurs thrillers politiques paranoïaques des 70s, mais avec la Spielberg touch donc (poignante variation sur l'enfant perdu), des clairs-obscurs magnifiques symbolisant l'éthique et les convictions tourmentées du personnage, une tristesse qui gagne peu à peu tous les recoins du film et puis cette scène très crue et absolument terrassante de l'assassinat laborieux de la tueuse à gage néerlandaise, à laquelle Marie-Josée Croze parvient à donner chair en quelques minutes de présence à l'écran... en le revoyant récemment j'en suis resté traumatisé comme par cette scène d'exécution au début du faramineux "L'armée des ombres" de Melville, dont l'influence me semble d'ailleurs assez probable ici.