Rencontre entre le Cluedo et Huit Femmes (pièce de Robert Thomas, adaptée au cinéma par François Ozon en 2002), le premier pour sa mise en abyme d’un jeu de société à échelle humaine organisé autour du mystère de l’empoisonnement du patriarche, le second pour son huis clos théâtral disséminant, par le biais d’une enquête, vérités cachées et traits de caractères, Murder Party échoue sur les deux tableaux tant son divertissement ennuie et manque d’intrigues, tant ses personnages souffrent d’une écriture bâclée et d’une direction d’acteurs approximative sinon absente. Sur une thématique qui ne cesse pourtant d’inspirer le cinéma, telle l’intrigante proposition de Sébastien Marnier sortie la même année (L’Origine du mal), voilà une production qui ne trouve jamais le ton juste et impose sa loufoquerie au forceps, incapable de concrétiser par la mise en scène ses ambitions comiques. À quoi bon convoquer un tel casting si c’est pour le réduire à l’état de pions déplacés sur un tout petit échiquier aux cases étroites ? Un ratage complet.