Retour pour un film musclé de son acteur qui a toujours l'air en colère mais toujours stylé, avec quelque baston, des scènes d'action, et d'un paquebot à la dérive, écho des émotions refrénées, confinées, et qui va devenir un terrain dans lequel le chasseur et le prédateur vont se confondre, se confronter sur l'échiquier d'un monde sans règle, sans roi, sans structure, où l'intelligence devient signe de manipulation et de criminalité, forçant le cavalier à prendre les armes pour se révolter contre le système et l'ordre établi qui l'a trahi.
Comme mentionné par le personnage, c'est d'agir qui lui manque et non la politique. Le film possède bien quelque thématique avec l'immigration, ou quand on est sur terre, avec ce père qui vend l'accomplissement de son rêve pour que son fils puisse bâtir le sien, interrogeant le temps qui passe, et les traces qu'on laisse derrière soi avec cette génération qui ne s'intéresse plus à la transmission, qui n'a plus le sens des valeurs ni de la famille, à l'image de la société et de sa déshumanisation de masse, qui considère de plus en plus les choses comme de la marchandise, utilisant des méthodes puériles et de profil sans aucune éthique.
Mutiny est une petite balade en mer à l'ancienne, portant la cargaison d'un héritage d'action-héros qui lutte seul contre tous avec un code moral indomptable et imperturbable, dont la seule présence suffit à capter l'attention, mais qui, avec le temps, est une espèce en voie de disparition.
D'un autre côté, malgré son impeccable tension constante qui s'accompagne d'une rythmique de basse sonore permanente, ça manque de folie et de chorégraphie, d'un peu plus d'intensité dans les confrontations, qui sont surtout à l'arme à feu et s'enchainent sans vraiment d'identité, seul le combat final semble un peu plus physique et barbare, dû à la montée en adrénaline d'un long chemin tortueux et sinueux pour y parvenir.
On pourrait aussi se dire que pour le genre, le lieu, les personnages et la situation ne sont pas assez exploités, et pourraient tout aussi bien être interchangeables avec quoi que ce soit d'autre, et que ça fonctionnerait de la même façon. Et même si Jason Statham parait plus expressif sur certains aspects, on a l'impression qu'il n'a jamais véritablement l'opportunité de se lâcher, et de montrer l'étendue de son talent, que ce soit sa vitesse, sa force, seule la toute fin permet d'y trouver une satisfaction, donnant plus de sens à "Je suis la vengeance" qu'à un certain super-héros qui se veut le plus dark possible.
Intéressé pour parler des films d'action et de combat, faire une rétrospective de l'acteur ? Synchronisez vos montres et venez vous castagner !