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Critique de My Beautiful Laundrette par Goodfeles-VK
Frears marquait un coup dans les 80's avec ces tabous colorés. Aujourd'hui aucunescouleurs ne sont vraiment délavées. Surtout pas Day Lewis
le 10 avr. 2025
L’Angleterre est déjà un pays dense en tout, alors qu’est-ce que ça devient quand on y applique surcouche sur surcouche ! Frears nous fait rêver son film : voulant donner le sentiment qu’on ne sait pas quand il commence, on y débarque brutalement comme un intrus. Premier tableau : l’accession au monde adulte d’un jeune Anglais d’origine pakistanaise (Gordon Warnecke), sans volonté ni personnalité, qui n’a rien demandé à personne & souffre quand même toute l’injustice des trois mondes : le monde pakistanais, anglais, & celui des adultes.
C’est bien un genre de frustration onirique, & la musique n’arrange rien : volontairement mauvaise, presque ridicule, elle tire le film social vers une interprétation qui est à l’inverse très peu terre-à-terre. Puisant dans le visuellement touffu, Frears continue de faire enfler le fantasme jusque dans les plus grandes ruptures d’ambiance.
On perd pied, & c’est voulu : les Anglais qui deviennent adultes au son de My Generation en endossant presque par accident une personnalité qu’ils ont longtemps simulée en s’inspirant de figures antiparentales comme Sting (le personnage de Day-Lewis a vraiment quelque chose de lui), c’est le terreau que le réalisateur recherchait pour son film de classes, mais il a oublié d’arrondir les angles. Pouf, le petit Pakistanais est adulte, il s’est bricolé une personnalité de brick & de rock & le voilà propulsé.
C’est comme si on avait appliqué un milliard de filtres cinématographiques à un scénario pourtant déjà plein d’atouts narratifs. Le résultat n’est pas excellent mais on frôle l’alien : il y a un côté très cormanien à My Beautiful Laundrette, sauf que c’est une laverie de luxe & non une petite boutique des horreurs.
Pas amateur mais assez cheap, le film a figé ce qu’il a de plus kitsch dans une sorte d’ambre qui le catalyse : de la composition de la photo, généralement oblique & profonde comme une caricature, au chemin social rude que parcourt le jeune adulte sur fond de thatchérisme, l’œuvre est “significative”. Ce qu’elle signifie & pour qui, c’est un autre débat, & il ne sera sûrement pas réglé avant que soit résolu un autre mystère : c’est tourné dans quel style, en fait ?
Créée
le 22 avr. 2020
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