Tout ça pour ça. Louis Malle convoque une mise en scène ultra originale et minimaliste en cadrant le champ presque exclusivement (si l'on omet introduction et conclusion) sur deux amis qui s'étaient perdus de vue et qui se retrouvent au restaurant, comme en temps réel, avec les plats qui défilent à mesure que les discussions s'étoffent, pour accoucher d'un truc aussi insignifiant. André Gregory et Wallace Shawn jouent peu ou prou leurs propres rôles, le premier revenant de Pologne après une expérience mystique qui a changé son rapport au monde, le second vivotant à New York en auteur de théâtre sans le sou. Tout le programme est là : deux heures de discussions en champ / contrechamp, où chacun expose calmement son point de vue, avec d'un côté l'allumé de service qui pense être entré dans un état métaphysique révélateur qui ne parlera qu'aux personnes de la même secte, et de l'autre le pragmatique de bas étage condamné à vivre sa petite vie faite de petits plaisirs.


"My Dinner with Andre" (tout est dans le titre en termes de mise en scène) avance comme un film philosophique, dans lequel Malle entendait confronter deux positions antagonistes en termes de rapport au monde. Il y a bien une cohérence de fond, mais l'ensemble reste hautement indigeste en enchaînant les anecdotes inintéressantes (personnellement, l'illumination mystique, les actes d'un chaman, etc. comme autant d'expériences hippies qui ne me passionnent absolument pas) et en brassant les thématiques (la vie, la mort, l'argent, les voyages au Tibet, le rôle du théâtre) sans fournir d'accroche tangible. Le film se transforme assez vite en un tête-à-tête qui se veut captivant mais qui déblatère des propos un peu vaseux sur la société qui s'ennuierait à mourir, sur les citoyens qui vivraient dans leur propre prison, etc. Profondément ennuyant, avec des clichés à la pelle du style "j'ai l'impression d'avoir vécu comme un robot toute ma vie et j'ai découvert le sens de la vie caché au fond de moi", sur fond de débat autour de la pertinence d'avoir ou de rejeter une couverture chauffante... Davantage une confrontation de monologues bavards.

Créée

le 13 août 2025

Critique lue 38 fois

Morrinson

Écrit par

Critique lue 38 fois

1

D'autres avis sur My Dinner with Andre

My Dinner with Andre

My Dinner with Andre

9

Jacottin

63 critiques

Ce film ne contient pas de chinois avec des gants de boxe

My Dinner With André j'en ai entendu parler sûrement comme 90 % des Français via l'épisode de Community qui y fait référence. Pourtant le réalisateur était connu, gaulois et tout mais ce film, jamais...

le 17 sept. 2014

My Dinner with Andre

My Dinner with Andre

9

Nights

16 critiques

Une réflexion philosophique au restaurant

Un film incroyable. Une expérience très spéciale. Un film entier de près de 2h sur la conversation de 2 personnes au restaurant... il fallait oser ! Ce film est une réflexion philosophique sur la...

le 9 nov. 2013

My Dinner with Andre

My Dinner with Andre

9

bydooweedoo

6 critiques

Critique de My Dinner with Andre par bydooweedoo

Véritable épopée philosophique semée de monologues et d'embuches, ce diner est d'une incroyable actualité. Parti dans le même état d'esprit qu'était le mien avant de commencer ce film, Wallace peine...

le 4 mars 2013

Du même critique

Boyhood

Boyhood

5

Morrinson

2195 critiques

Boyhood, chronique d'une désillusion

Ceci n'est pas vraiment une critique, mais je n'ai pas trouvé le bouton "Écrire la chronique d'une désillusion" sur SC. Une question me hante depuis que les lumières se sont rallumées. Comment...

le 20 juil. 2014

Birdman

Birdman

5

Morrinson

2195 critiques

Batman, évidemment

"Birdman", le film sur cet acteur en pleine rédemption à Broadway, des années après la gloire du super-héros qu'il incarnait, n'est pas si mal. Il ose, il expérimente, il questionne, pas toujours...

le 10 janv. 2015

Her

Her

9

Morrinson

2195 critiques

Her

Her est un film américain réalisé par Spike Jonze, sorti aux États-Unis en 2013 et prévu en France pour le 19 mars 2014. Plutôt que de définir cette œuvre comme une "comédie de science-fiction", je...

le 8 mars 2014