Cette troisième incursion de Kenneth Branagh dans l'univers d'Agatha Christie est de loin la plus réussie et c'est aussi celle qui s'éloigne le plus de l'oeuvre originale. En adaptant très librement un roman tardif et peu connu de la romancière britannique (La fête du potiron, 1969) et en déplaçant son intrigue à Venise, les scénaristes ont choisi la carte de la fantaisie horrifique dans un impressionnant décor (plus ou moins numérique) de palazzo baroque dans lequel l'excellente troupe réunie par le réalisateur incarne avec talent et conviction une galerie de personnages plus sombres l'un que l'autre. Teinté d'événements fantastiques que le rationnel Poirot s'empressera de percer à jour, le film se laisse regarder avec plaisir jusqu'à la classique et brillante démonstration finale qui démonte les mécanismes de la machination et confond le coupable.