Vu... A Haunting in Venice (Mystère à Venise), sorti en 2023, troisième film de Kenneth Branagh en tant qu’Hercule Poirot après Le Crime de l’Orient Express et Mort sur le Nil. Cette fois, direction une Venise brumeuse et gothique pour une enquête teintée de surnaturel, inspirée (de loin) du roman Le Crime d’Halloween d’Agatha Christie.
Alors, quoi de neuf chez Poirot ? Cette fois, Branagh tente d’apporter une dimension plus sombre et tourmentée au personnage, plongeant l’enquête dans une ambiance quasi-horrifique. Une prise de risque intéressante sur le papier, mais qui, à mon sens, peine à s’intégrer au récit policier. Plutôt que d’intensifier le suspense, certaines décisions narratives viennent brouiller l’essence même de l’enquête méthodique qui fait le charme des aventures de Poirot.
Côté casting, Kenneth Branagh campe toujours un Poirot trop théâtral à mon goût, même si son accent français aide à mieux identifier le personnage. Mais honnêtement, je reste team Peter Ustinov... Loin de cette surenchère dramatique, il incarnait un Poirot plus subtil et malicieux, bien plus proche de l’esprit des romans.
Heureusement, il y a la photographie. Là-dessus, rien à redire : la mise en scène joue habilement avec les ombres, les reflets et les décors vénitiens pour créer une ambiance visuellement sublime. Quelques plans sont franchement inspirés, et c’est clairement le point fort du film.
En résumé, une tentative intrigante de revisiter Poirot sous un angle horrifique, mais qui se perd en chemin. L’enquête reste correcte, mais l’ensemble manque de subtilité et de fidélité à l’œuvre originale. Pas désagréable, mais pas mémorable non plus.