Alors ouais, je ne suis pas un grand fan de Clint Eastwood. Du peu que j'ai vu, j'accepte ses oeuvres comme des "bons films" mais rien de transcendant.
Ici, la mise en scène reste, pour ce que je peux en juger, très classique. La direction d'acteurs est assez bonne. Rien de particulier à dire si ce n'est une photographie grisâtre qui pourrait ajouter au "mysticisme" du film s'il n'était pas tout simplement absent.
Car ouais, avec un nom pareil, on s'attend à un personnage supplémentaire : la rivière. Donnez-lui une putain de personnalité, je vous en supplie, c'est le personnage éponyme. Mais non, rien, même la ville n'est là que comme support (putain c'est Boston), des péripéties de trois hommes liés par une malédiction poussive au possible.
Ah oui parce qu'en fait, le film essaye de nous suggérer qu'un événement commun à leur passé va engendrer ce qui nous sert de trame. Mais non. Pas le moins du monde. On se rend vite compte que le film nous montre des liens qui sont plus tard justifiés par leur inexistence. La coïncidence, utilisée de façon encore plus poussive que dans une mauvaise fiction chorale.
ALERTE SPOILER
Alors, on se rappelle que la coïncidence a bien voulu que deux meurtres aient lieu le même soir, environ à la même heure ? Sacrée coïncidence, c'est toi qui nous fais penser que Dave a tué Katie, depuis le début du film. C'est toi qui fais le cliff hanger, voire le scénario de ce film. Mais les deux meurtres ne sont pas liés le moins du monde. Ni leurs auteurs, ni les motifs.
De ce fait, le meurtre de Katie n'est pas lié le moins du monde à ce que le film essaye de nous présenter comme la source d'une malédiction : le viol de Dave.
Tiens, sacrée coïncidence, tu reviens te jouer de nous quand tu nous fais croire à un lien avec le passé de Jimmy en tant que braqueur. Effectivement, l'arme du meurtre est la même. Mais l'auteur n'a d'autre motif que la jalousie qu'il éprouvait pour la victime vis à vis de son frère. C'aurait pu être n'importe quel gamin. Ca n'a absolument aucun lien avec le passé de braqueur de Jimmy. Sacrée coïncidence.
Et elle revient se jouer de nous encore et encore, tentant comme elle le peut de se dissimuler sous une promesse de scénario bien ficelé.
FIN DU SPOILER
Alors oui, je critique davantage le scénario que la mise en scène. Peut être devrais-je plutôt écrire une critique du livre ? Je ne l'ai pas lu et je serais curieux de savoir si l'histoire me prend autant pour un con.
J'ai tendance à espérer que non. Comment dire, je croirais bien que le film ne fait qu'amplifier ce sentiment.
Dernier coup de gueule ? Bah on a trois personnages. Quatre en fait avec le hasard personnifié, qui tient la majorité de la narration. Mais parmi les trois qu'on nous sert, deux ont un passé, un semblant de profondeur (très mal amenée d'ailleurs, on effleure la schizophrénie de l'un, le sang chaud de l'autre...). Le troisième, bah il en a pas trop. Ah si, on va dire qu'il a rompu avec une meuf qui lui a pondu un gosse dans le dos. T'inquiète, des fois elle l'appellera mais ne dira rien. Elle n'aura strictement aucun lien avec cette histoire d'ailleurs. Elle arrivera comme un cheveux sur la soupe, mais il lui faut bien sa douleur à lui, le petit sean.
Tout ça pour donner l'exemple parfait d'une improbable plausibilité. C'est plausible mais "ça n'arrive que dans les films". Pourquoi ? Parce que sans ça, l'histoire n'existerait même pas...
Après, j'ai peu-être rien capté. J'aimerais beaucoup d'ailleurs.