Au départ très tenté, puis nettement moins au vu des critiques, je me suis finalement décidé pour un résultats... mitigé. D'un côté, Ridley Scott n'a pas perdu sa maîtrise technique et offre un spectacle imposant, parfois spectaculaire, notamment concernant les scènes de bataille (Austerlitz en tête). Ces 150 minutes se regardent finalement sans ennui et que ce soit niveau reconstitution, décors, costumes, le film est, sans surprise, à la hauteur. Maintenant... Il y a le reste, et c'est nettement plus problématique. Au-delà d'une vision assez simpliste de Napoléon, pourtant l'un des hommes d'État les plus complexes de l'Histoire de France, le portrait se révèle souvent à charge, l'anglais Scott manquant manifestement de recul sur le sujet.


Par ailleurs, que l'on puisse prendre certaines libertés : pourquoi pas, cela reste une œuvre de fiction. Encore faut-elle qu'elles apportent, disent quelque chose sur le protagoniste. Ici, aucune n'est convaincante ou crédible, que ce soit la présence de Napoléon à Toulon, les tirs sur les pyramides, le retour précipité d’Égypte sous prétexte que Joséphine le tromperait et j'en passe... Jamais nous n'avons une impression de grandeur, de trouble sur cette figure pour le moins controversée, dont le réalisateur de « Blade Runner » n'évoque jamais une seconde les immenses réformes engagées durant le règne de Bonaparte, comme s'il s'était contenté de faire la guerre à longueur de temps.


Seconds rôles quasi-inexistants (ce qui est assez incompréhensible quand on connaît l'influence de nombreux hommes forts de l'époque), le scénario préférant se concentrer sur la politique internationale et sa relation avec Joséphine. À ce titre, si Vanessa Kirby s'en tire très honorablement (passons la différence d'âge alors que la vraie était plus âgée que lui), Joaquin Phoenix livre une prestation insipide, presque absente, comme si le costume était beaucoup trop grand pour lui (et pourtant, quel acteur!). Bref, si le travail est fait correctement sur la forme, le fond et l'aspect historique laissent plus qu'à désirer : toujours problématique lorsqu'on s'attaque à un tel mythe. Monsieur Scott, vous avez énormément apporté au cinéma et nous vous devons un respect éternel pour cela : maintenant, il serait peut-être temps de prendre votre retraire, vous l'avez bien mérité. En attendant, nous pouvons toujours revoir votre premier film, se déroulant à la même époque : « Les Duellistes ».

Créée

le 30 avr. 2026

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