Agréable surprise de mon côté. Je m'attendais à une daube immonde, comme 90% des précédentes adaptations ciné de nos BD franco-belges : la réal d'abord (dont j'ai vu deux des précédents films, tous les deux des daubes finies), la DA, le casting, la bande-annonce ; tout semblait inscrire ce Natacha dans la sinistre continuité de ses prédécesseurs Astérix, Spirou ou Ducobu (pour n'en citer que trois, mais ils sont trente à être aussi lamentables), mais en fait c'est étonnement rigolo et bien fichu.
Alors il faut faire immédiatement son deuil de la BD, le film (qui a la bonne idée de ne pas adapter frontalement l'un des albums pour lui préférer une intrigue originale – concrètement un prequel... quoique incohérent avec la BD si l'on veut pinailler) n'en conservant en réalité que les "thèmes" de l'aviation et de l'aventure et les deux personnages de Natacha et Walter (qui n'a plus grand chose à voir avec son homologue papier, cela dit) ; mais une fois ledit deuil fait, eh bien le film s'avère bien plus présentable que prévu.
Contre toute attente, ce Natacha est effectivement assez bien fichu, DA et reconstitution des années 60 assez clean, on évite l'effet toc et/ou cheap habituel de ce type d'adaptations ; et le tempo comique est assez efficace, avec un bon débit de gags dont certains sont assez rigolos (notamment la vanne sur les boomers, qui m'a fracassé). On sent que ça essaie de faire mieux que l'habituelle merde à laquelle semble contractuellement lié ce créneau des adaptations ciné de nos BD familiales. Le rythme est efficace, c'est gai, coloré et dynamique de façon raisonnablement plaisante et personne n'y est insupportable, y compris les acteurs du lot que j'aime pas d'habitude.
Et d'ailleurs Didier Bourdon est pas mal, plutôt en forme (plusieurs répliques qui m'ont rappelé sa période Inconnus), ce qui fait plaisir à voir après des années de compositions pathétiques dans des trucs de merde (dont je n'ai vu qu'un tiers, mais comme j'en sortais à chaque fois abattu par sa déchéance comique vs son âge d'or, je n'ai pas poussé le vice à découvrir les deux autres tiers) ; et beaucoup de plaisir à retrouver Antoine Gouy, que je n'avais jamais revu depuis Au service de la France je crois. Et qui joue un rôle cool ici.
Bon, quelques fautes de goût un peu dommage (deux trois répliques trop nettement pompées des derniers OSS 117, un discours féministe souvent balourd, un caméo final un peu maladroit), mais rien d'éliminatoire, donc ça va.
Bref, on est un bon cran au-dessus du tout-venant (ou devrais-je dire du tout-volant) en matière d'adaptation ciné de BD franco-belge. Agréablement surpris, donc !