En 1952, Alain Bombard, médecin de son état, entreprend de traverser l'Atlantique sur un modeste canot, sans vivres ni eau. Bombard dément ? Non, une expérience destinée à montrer les capacités humaines. Le film que Didier Nion, lui-même marin expérimenté, consacre à cette aventure, 65 ans plus tard, est radical. Un homme à la mer, seul face à son destin et aux éléments, le film ne montre presque rien d'autre, pas plus l'inquiétude de ses proches ni le retentissement mondial qui s'ensuivra. Il est question très vite de survie, tout simplement, dans ce pari insensé dans le calme ou la tempête des flots et de l'hygiène mentale qui sauve. Quitte à parler aux poissons ou à se réciter la liste des planètes pour ne pas sombrer dans la folie. Il ne se passe pas énormément de choses dans Naufragé volontaire, si ce n'est que chaque geste est crucial et chaque erreur dangereuse. Evidemment, on connait la fin et limite quelque peu l'intérêt du film qui ne cherche pas à dramatiser outre mesure. Sa résonance est moindre aujourd'hui sans doute, et ne vaut pas n'importe quel documentaire sur le sujet. Mais au moins, il est fidèle à la mémoire de Bombard.