Sous un squelette archétypal de film d'horreur aux reliefs apparents annoncé dès la musique d'introduction, le film joue habilement avec nos attentes et nos craintes en tant que spectateur de ce genre cinématographique. Nous savons que cela va mal tourner, reste à savoir quand et comment, à l'image de la tension construite dans "Funny Games" d'Haneke. Le coup de génie du film est de pousser cette logique au bout en transformant les personnages en acteurs tragiques, ne pouvant aller à l'encontre de leur destinée et, au final, du script en lui-même, les menant nécessairement à la mort tel que défini par le contrat tacite passé entre le film et le spectateur. Le long-métrage rend ainsi le public complice, car tous les mauvais choix entrepris par les victimes sont essentiels au bon déroulement du spectacle. Menés à l'autel tels des agneaux sacrificiels, ils ne tentent même pas de résister et nous assistons, aussi impuissants qu'eux, dans une perspective omnisciente vu du ciel, à leur mise à mort programmée avant même que le film commence. Le désir morbide de la personne derrière l'écran est ainsi satisfait, et le schéma peut se répéter à l'infini d'un film à l'autre, comme le symbolise la scène surréaliste du personnage découvrant le nombre invraisemblable de victimes les ayant précédé.