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Le Boss du Bis
Si il y a bien un film sous estimé dans le monde du film bis, c’est bel et bien Necronomicon. Carrefour de talents notables (premier essai du grand Christophe Gans, du méconnu Shu Kaneko et du...
le 1 juin 2018
Initialement le Necronomicon est un ouvrage fictif cité dans certaines nouvelles de Lovecraft. Il a inspiré plusieurs fois les cinéastes, d’abord avec La Malédiction d’Arkham (1963) mais aussi Sam Raimi dans sa trilogie Evil Dead ou encore l’inénarrable Jesus Franco. En 1994, Brian Yuzna, sortant de La Nuit des Morts-Vivants 3, décide de produire une anthologie lovecraftienne, où il collabore avec deux autres auteurs, Christophe Gans alors à ses débuts et Shusuke Kaneko (saga Gamera et adaptations de Death Note). Il y signe l’histoire liant les trois sketches, où Lovecraft en personne est mis en scène, ainsi que le dernier de ces sketches.
Le premier est sophistiqué et extrêmement sympathique ; le second d’un charme inoui ; le dernier carrément exaltant. L’opus éclaireur, »Les Noyés » par Christophe Gans, montre des manies communes aux Contes de la Crypte. Un homme y visite la une maison au bord du falaise dont il a hérité. Le documentaire Dans l’enfer du B s’intéresse particulièrement à son élaboration, évoquant dans une moindre mesure celle du film en général. Dans le second, du japonais Kaneko, une étudiante tisse des liens avec son voisin amateur de cryogénie. Dans cet épisode peut-être plus brouillon que les autres, on a la sensation d’être toujours au bord d’un renversement incroyable ; et c’est le cas ! C’est aussi le seul à accorder une certaine consistance psychologique et surtout beaucoup d’emphase à ses personnages, réunis par des sentiments violents et des aspirations chimériques. Enfin le dernier sketche, de Yuzna donc, est le climax de Necronomicon. Démarrant de façon particulièrement triviale en buddy-movie policier, c’est le plus excentrique, le plus vaste et fou et même, le plus psychiquement coriace. Pour visualiser, il faut s’imaginer une tambouille confondant Midnight Meat Train, L'échelle de Jacob et Le Voyage de Chihiro. Avec cette intrigue où une flic névrosée poursuit un dangereux psychopathe dans d’improbables catacombes logées sous un immeuble, pour finir harcelée par des individus doubles et imprévisibles, Yuzna nous amène dans un contexte où le spectateur perd pied devant tant de faux-semblants et de banalités cauchemardesques.
Ces trois contes d’une trentaine de minutes quittent davantage la réalité que d’autres fleurons du bis fantasmagorique (façon Darkside). C’est du kitsch fabuleux, où tout est à la fois émergé ou explicite et pourtant mystérieux. Le sujet est parfaitement maîtrisé et subjugué puisqu’on est comme un enfant découvrant le livre des secrets et des fantasmes. Toutefois la qualification de « nanar » pour cette vision du Necronomicon est compréhensible. L’ensemble comporte son lot de lourdeurs (dans certains dialogues ou effets) et des côtés absurdes (des protagonistes aux caractéristiques plus pulsionnelles voir mythologiques), le rendant d’autant plus magique. Ce côté fumeux participe de sa grâce. Le film est onirique, d’une générosité absolue – galvanisant les attentes en horreur, en gore, en fantastique, en créatures étranges et peut-être même en érotisme puisqu’une once y est intégrée. Hormis peut-être dans la fin du premier épisode (qui s’attarde de manière redondante sur la débauche de freaks), la fièvre ne s'arrête jamais. Chaque instant tend vers la nouveauté et la surprise. Typé et haut-en-couleur, c’est un rêve trash ininterrompu à recommander à tous les amateurs de balades au-delà des frontières du tangible.
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