Je viens de voir Psychic School Wars, et je regrette de n'avoir pas pris la version collector du film.
CELLE AVEC DEUX TABLETTES DE DOLIPRANE, L’INTÉGRALITÉ DU SCRIPT ET UNE PAIRE DE LUNETTES MAGIQUES POUR FILTRER LES COULEURS.
Non que ce soit un mauvais film, loin de là.
Malgré son rythme lent et ses thématiques juvéniles, il est sincère, profond, atypique, pétri de bonnes intentions.
Il souffre juste des défauts de ses qualités, notamment son côté too much qu'on retrouve à tous les niveaux : overdose de couleurs pastel et d'effets de lumière façon Makoto Shinkai ("Cthulhu, il a pris toutes les couleurs tombées du ciel pour les mettre dans les yeux de ta direction artistique"), overdose de B.O. sentimentalo-dégoulinante au piano, overdose de tranche de vie collégienne en mode je t'aime-moi-non-plus, overdose de non-sens scénaristiques et de digressions qui ne mènent nulle part, culminant en un gigantesque bordel narratif final qui vous ferait presque regretter le film d'Utena (beaucoup plus limpide, dans son genre).
Après s'être baladé en terrain connu tranquille pépère pendant une heure et demi, sans que les enjeux soient d'ailleurs jamais clairement définis, on se prend la trame SF sur le coin de la tronche comme une lame de fond et on a beau s'accrocher aux branches en technicolor, on n'y pige plus grand chose et on finit aveugle à trop se bouffer du lens flare.
Non que Psychic School Wars soit particulièrement complexe, il est même relativement simpliste et facile d'accès.
C'est juste qu'il en manque des bouts.
Mais alors, genre, des GROS bouts.
Genre à peu près tous les "pourquoi" et les "comment" et les zones d'ombres entre les deux.
A croire qu'il adapte le roman d'origine comme "la Traversée du Temps" avant lui : non pas en le transposant, mais en le prolongeant.
Compte tenu de la durée de l'oeuvre, il aurait pourtant été aisé au scénariste d'intégrer quelques pistes, a minima, en sabrant du côté de ses interminables parenthèses romanesques, mais non.
Pour quelque incompréhensible raison créative connue de lui seul, il a préféré envoyer le bon sens narratif dans un autre espace-temps pour livrer une oeuvre imparfaite, bancale, incomplète, dont la mécanique ne fonctionne pas en tant que "tout" mais qui, par chance, sonne juste lorsqu'il s'agit de peindre les premiers émois et premières angoisses d'enfants qui n'en sont déjà plus vraiment.
Ce qui suffit à sauver l'entreprise du naufrage, mais pas à en faire le grand film qu'elle aurait voulu être.