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le 17 oct. 2011
SuivreAliénation volontaire
Il faut l'avouer j'ai découvert Sidney Lumet assez fortuitement. Tout d'abord "7h58 ce samedi-là" lors de sa sortie en salle. J'ai cru qu'il s'agissait du film d'un jeune réalisateur talentueux...
Cinéaste prolifique, Sydney Lumet fut l’un des premiers à s’attaquer, avec NETWORK, au monde de la télévision. Film sans concession, il hurle à la face du monde les dérives et le pouvoir de ce média de masse par excellence.
Redoutable dans son propos d’un média toujours plus puissant pour manipuler, NETWORK reste des années après terriblement d’actualité. Le journalisme s’écrase face au divertissement et les conglomérats régents le monde le comprennent très bien. En conséquence, la télévision se voit instrumentalisée pour conserver de l’audimat au détriment de l’objectivité et propager des idées aux spectateurs, ainsi aliénés de manière plus ou moins volontaire, en recherche de sensationnel. NETWORK est d’une telle pertinence qu’on lui pardonnera ses excès (ça parle beaucoup, vite et fort) et des arcs secondaires aux symbolismes boiteux surlignés par des dialogues beaucoup plus faibles. Ce trop-plein de cynisme froid pouvant laisser sur le côté pas mal de personnes fatiguées d’un pamphlet aussi direct est sauvé par l’ironie grinçante de quelques scènes. Notamment celle, centrale, où la population scande aux fenêtres des immeubles leur indépendance d’esprit relayant pourtant la pensée d’une chaîne d’informations dirigée par une multinationale. Lumet touche par là une réalité toujours aussi vraie et condamne cette manœuvre avec intelligence par une écriture précise. Surtout que Lumet s’entoure d’une batterie d’acteurs irréprochables (Faye Dunaway et William Holden en têtes) conférant une véritable énergie au long-métrage durant de nombreuses joutes verbales aux sous-entendus violents.
Parfois déséquilibré par sa surenchère, NETWORK emporte toute de même la mise. Il dissèque au scalpel l’une des plus grandes sources d’influence au monde et se montre prophétique quant à notre époque.
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Créée
le 21 avr. 2021
Critique lue 63 fois
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le 17 oct. 2011
SuivreIl faut l'avouer j'ai découvert Sidney Lumet assez fortuitement. Tout d'abord "7h58 ce samedi-là" lors de sa sortie en salle. J'ai cru qu'il s'agissait du film d'un jeune réalisateur talentueux...
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