Ce film composé uniquement de longs plans sur la ville de New-York et de la lecture, par la réalisatrice, de quelques lettres que sa mère lui a envoyé pendant qu'elle habitant en Amérique propose à la fois quelque chose de très intime sur une relation mère/fille (et assez universel) et un documentaire sur cette ville assez hypnotisant.
Les images montrent New-York à hauteur de femme, sans chercher à l'embellir, sans chercher à l'enlaidir... On voit juste la ville telle qu'elle était dans les années 70 pour une réalisatrice qui est s'y est expatriée quelques années. On est loin des images de carte postale. On voit que c'est gris, morne, que le métro a un côté épuisant, assourdissant. Le son des voitures, du métro qui couvre la lecture des lettres, qui la rendent parfois quasiment inintelligible, comme si le bruit de la ville éloignant tout autant de sa famille que la distance.
La ville n'est pas particulièrement hospitalière, elle fait parfois vraiment délabrée, on est sur l'anti rêve américain. Une vision brute de la réalité de ce que c'était que d'arpenter ces rues et ce métro. Ce n'est jamais repoussant, c'est juste froid. On ne s'attarde pas plus de quelques secondes sur un visage, les gens ne parlent pas, ne s'arrêtent pas, on est au cœur d'une fourmilière...
Et pour finalement la trouver un peu belle, prise dans la brume, il faut s'en éloigner. Rentrer voir sa famille à la maison.