Une forêt finlandaise, des créatures issues du folklore, un couple accueillant son tout premier bébé : Nightborn avait tout de l'alignement de planètes pour devenir une vraie petite pépite nordique. L'ennui, c'est que la réalisatrice, Hanna Bergholm, aime en faire des caisses. Beeeaucoup trop.
Ce qui est en tout cas indéniable, c'est que la cinéaste sait créer de belles images. Rien d'extraordinaire non plus mais le film balance suffisament bien le crasseux et le propre pour créer un effet aussi cosy que dérangeant. Mais quand je mentionne le mot "propre", ça l'est parfois presque trop. En témoigne les quelques plans du générique d'ouverture dont le rendu semblait tout droit sorti d'une publicité pour bagnole... et visiblement j'ai flairé juste, puisque la caméra s'attarde plus tard plusieurs fois sur une Volvo bleue bien rutillante. Mouais... comme quoi il faut bien le trouver quelque part, le fric qui va permettre de filmer une tête de bébé exploser un vagin.
Car c'est bien là son point fort : le film met vraiment mal à l'aise dans sa première moitié. Si l'accouchement très graphique donne bien le ton, la suite renchérit avec cet étrange nourrisson dont les grognements et les braillements vous déchiquettent de l'intérieur. Quelque chose de profondément glauque se trame, ce qui n'a pas manqué de me mettre dans un sacré inconfort. Mais voilà : à force de pousser trop loin dans le grotesque, la réalisatrice flingue peu à peu le message de son oeuvre. On peut bien-sûr partir du principe que Hanna Bergholm a conscience qu'elle pousse les potards trop loin, mais à la longue ça devient vraiment lourdingue. D'autant qu'on commence vraiment à se sentir terriblement mal pour la protagoniste dont le véritable mal n'échappera à personne. Et malheureusement, ça finit par ne plus trop coller à cette fable grotesque où un bébé monstre sème le chaos. La métaphore va beaucoup trop loin, le film devient trop long. Et pour courronner le tout, sans trop en révéler, la réalisatrice introduit au fur et à mesure des éléments fantastiques dont les autres personnages ont conscience, ce qui finit par soulever une question à m'en faire soupirer au plafond : tout cela était vraiment réel ou le fruit de la fébrilité humaine ? À cela je répond "Non, film! Tu dois choisir, c'est l'un ou l'autre".
Pas complétement foiré, Nightborn reste néanmoins une belle preuve que le cinéma d'horreur et ses subtiles métaphores, on pourrait parfois franchement s'en passer.