Troisième réalisation de Dhanush (après Pa Paandi, toujours pas vu et le magnifique Raayan sorti l’année dernière), Nilavuku en mel ennadi kobam, soit « Pourquoi donc la lune est-elle vénér comme ça contre ma pomme ? » est sorti en début d’année et n’a pas récolté grand-chose au box-office, souffrant également de critiques fort mitigées. Un sort un peu sévère pour une comédie romantique toute légère tournant autour du chagrin d’amour d’un apprenti chef cuisinier. Le film débute avec une énergie folle et nous plonge droit dans le vif du sujet avec une chanson évoquant la tristesse d’un amour perdu et nous voila d’emblée collé aux basques du personnage principal. Pavish Narayan, l’acteur qui interprète le héros, n’est autre que le neveu de Dhanush, ce qui explique la proximité qu’il entretient dans sa façon de parler et de bouger avec la star, et ce qui explique également qu’on le retrouve au poste d’assistant réal sur la plupart des derniers films de l’acteur. Le film apparait donc comme une sorte de véhicule pour lancer la carrière du jeune prodige et il faut avouer que Narayan convainc sans peine qu’il sait exister devant la caméra, qu’il a le charisme pour tenir un film sur ses épaules et qu’il est extrêmement efficace dès qu’il s’agit d’onduler les hanches aux rythmes de quelques pipeaux et d’un synthé énergique.
Alors bon, tout ça n’est pas forcément super génial mais c’est jamais embarrassant, ça n’a certes pas été écrit par les Frères Coen m ais ça reste pas trop mal troussé, c’est feel good à mort et délicat comme un petit dessert pas donné à la fin d’un repas arrosé dans une crêperie de bord de mer. Une petite douceur qui file toute seule sans que l’on ait trop à se forcer et si on est loin de la satisfaction qu’offrirait une grosse quatre fromages dégoulinante c’est tout a fait dans le ton si l’ambiance est à la petite sucrerie. Et même si le film n’arrivera jamais à retrouver la grâce de son ouverture, il saura garder cette atmosphère plaisante et parviendra à te vendre à l’aise sa romance tarte à la crème et ses rebondissements improbables, malgré ses limites formelles et narratives. À nouveau, c’est la sincérité et la candeur de la proposition qui emporte l’adhésion. Un premier degré réjouissant plongeant sans honte dans l’émotion et les circonvolutions burlesques de son intrigue sans jamais regarder dans le retro. Bien sûr, on préférera clairement Rayaan dont la puissance esthétique balaie sans peine la choupitude trognon de cette petite comédie charmante et je ne suis pas forcément client de ce genre de bluette éthérée, mais je suis attentif à ce que peut nous proposer Dhanush et en l’occurrence cette petite parenthèse délicate et innocente m’a bien plu, sans pour autant me terrasser. En attendant le prochain quoi…