Un homme accueille chez lui l'époux de sa maitresse, un pistolet à la main ; il veut le tuer, mais son rhume l'indispose fortement. C'est alors que son épouse, donc, la maitresse, arrive, suivie d'une autre compagne de cet homme décidément bien volage.
Nina est tiré d'une pièce de théatre éponyme d'André Roussin, et cela se sent dans la mise en scène, qui est exclusivement confinée dans ce très bel appartement tourné en studio, où le duo Jean Poiret-Michel Serrault fait des merveilles. Malgré le côté opposé de leurs caractères, on sent très bien que les deux acteurs ont une connivence, qu'ils rebondissent aux répliques de l'autre, et le tout fait un ping-pong verbal qui marche. Je dirais même que, à l'instar de certains films de Sacha Guitry, nous sommes proches du boulevard avec notamment ces entrées de champ typiques où les acteurs en font des caisses, y compris Sophie Desmarets ou Agnès Laury, la deuxième maitresse. Notons aussi la présence de Yves Robert en tant que mari de la deuxième.
La durée même du film, moins de 80 minutes, est largement suffisante pour cette adaptation, où on peut regretter la totale absence de mise en scène de Jean Boyer, stakhanoviste du cinéma français, qui pose sa caméra, et c'est tout. Peut-être est-ce trop fidèle, mais en tout cas, c'est amusant surtout grâce à la tonicité du duo Poiret-Serrault.