" J'attends ça depuis des années : COWABUNGA ! "
Comme beaucoup, j’ai eu très peur de cette nouvelle « version » des Tortues Ninjas : j’ai été fan des films des années 90 – sauf le troisième, qui ne m’a pas emballé du tout, déjà à l’époque – et bien entendu du dessin animé. En voyant les premières images montrant les tortues j’ai eu la même réaction que la plupart des gens, une espèce de « Beuargh, c’est quoi ça ? », notamment à cause de ce « nez/museau » ; mais aussi en voyant leur carrure. Du coup, en ayant la possibilité de voir ce film, je me suis dit « allez, j’vais détruire mon enfance »… Et pourtant, non.
Parce qu’au final, ce film respecte l’ambiance « tortue-ninja-esque » habituelle des films et/ou de la série ; pour les comics je ne sais pas, je n’ai pas encore pris le temps de les lire… Mais je maintiens qu’on a un respect de l’univers, tout en l’adaptant forcément au public actuel…
Qu’est-ce qui respecte l’univers pour moi ? Les personnages, déjà. L’origines des tortues et de Splinter correspond au dessin-animé et au film, je crois, avec le mutagène. Ils correspondent tous à un « archétype » précis, aussi, le même que dans les séries/films : Splinter est un rat-mutant au comportement réfléchis et qui est aussi doué que Yoda au combat, sabre laser en moins ; Leonardo est le chef, il est là pour prendre les décisions et décider des plans d’actions ; Raphaël est le rebelle violent qui n’aime pas trop l’idée de ne pas être le chef et le fait comprendre ; Donatello est un fanatique de chiffres, de science ou de pourcentage mais c’est surtout un inventeur et enfin, le dernier, Michelangelo est un déconneur en toute situation, c’est un peu le « gamin » de service avec son humour pourri mais qui pourtant parvient à nous arracher des sourires, ou des pseudos-rires voire même, parfois, à nous blaser tellement il est idiot… Du côté des autres personnages, qu’est-ce qu’on a ? April O’neil, incarné par Megan Fox, ça aussi c’était flippant. J’étais persuadé qu’ils utiliseraient son image pour en faire une espèce de sex-symbol en p’tite tenue tous les deux plans ou quelque chose du genre, mais au final ce n’est pas le cas. Certes, on a son pote, Vern, qui aime rappeler qu’elle n’est pas forcément moche mais en dehors de ça, elle remplit son rôle de « journaliste-qui-devient-pote-avec-des-tortues » même si son histoire d’origine est un peu modifiée ici, probablement pour s’adapter au nouveau public ? Quant à Shredder, eh bien… Disons qu’à présent, il porte bien son nom. Son allure ne m’avait pas plu dans la bande-annonce mais au final, l’idée est assez intéressante et les combats en sa présence reste sympathiques bien qu’un peu abusés par moments...
Le scénario, tiens, parlons-en. En quoi un scénario respecte-t-il un univers ou quoi que ce soit ? Tout simplement, il ne se prend pas la tête, clairement ; on a une menace incarnée par Shredder et le Foot Clan et quatre tortues mutantes entraînées par un rat tout aussi mutant qui se ramènent pour défendre la ville. A ma connaissance, ça correspond totalement à ce qu’une bonne partie d’entre nous a regardé et aimé pendant les années 90, non ? Critiquer cet aspect-là m’apparaît un peu étrange, ou bien c’est le côté « c’était mieux avant » que tout le monde a tendance à avoir qui prend le dessus, m’enfin… Après, il reste facile, on peut y retrouver un vague côté Transformers si l’on veut (c’est cadeau, fallait bien que je mentionne discrètement un réalisateur que peu de gens apprécient ^^)…
Je pourrais probablement mentionner d’autres choses, mais au final, on retrouve ce qui nous faisait aimer les tortues à l’époque dans une version adaptée au « jeune d’aujourd’hui », quoi, notamment à travers les références à la culture pop’ – ce qui ne nous empêche en rien de les capter, loin de là.
Le film n’est pas exempt de défaut non plus, c’est clair et net. Le scénario un peu « facile », forcément, comme dit plus haut, peut gêner. J'ai trouvé Splinter pas franchement bien fait, sans être un catastrophe, non plus... La tronche des tortues, même si je m’y suis vite habitué, est très perturbante et leur carrure aussi ; même si à l’opposé j’ai aimé leur style « vestimentaire ». Leurs capacités aussi m’ont un peu perturbée : force « sur-tortuienne » (reptilienne ? Gros doute, pour le coup.) ; réflexes digne de Jedi pour certaines scènes, aussi ; et tortues « blindées » qu’on pourrait mettre sur le compte du mutagène mais bon… ça reste too much. Le rôle de William Fichtner pas assez intéressant à mon goût et c’est dommage, allez savoir pourquoi, j’aime bien la tronche de cet acteur et je trouve qu'il joue plutôt bien, du coup c’est un point assez négatif pour moi ! Après ça, quoi d’autre ? J’ai été un peu déçu de la scène de beat-box (sans en dire plus), non pas parce qu’elle était ridicule – elle m’a fait sourire tout du long – mais parce qu’une partie de moi s’attendait à une nouvelle version de Go Ninja Go de Vanilla Ice ou quelque chose de ce genre, tout de même. D’ailleurs, cette scène semble avoir fait jaser certaines personnes, les blasant au plus haut point ou trouvant ça gênant : je ne trouve pas que ce soit pire que dans tortues ninjas 2, avec la chorégraphie + chanson.
Bref, au final, une bonne surprise pour ce film : il joue son rôle de divertissement, reboot la franchise en respectant l’univers des Tortues Ninjas et en nous offrant aussi de très bonnes chorégraphies ( parfois abusées ou brouillonnes, certes) – point important pour un film dans l’univers des tortues mutantes, tout de même ! Le film est loin d’être parfait, mais pour ma part, j’ai totalement adhéré.