Alors déjà je voudrais qu’on s’arrête 2 secondes sur la scène de masturbation la plus bourgeoise de l’histoire du cinéma haha. Alors, pour résumer ça de manière moins poétique que dans le film (désolé): Nino (Théodore Pellerin) a un cancer de la gorge. Il doit suivre une chimio. Celle-ci a comme effet de faire baisser la qualité du sperme, autrement dit Nino risque de devenir stérile. Pour anticiper, la docteure suggère à Nino de garder un échantillon de sperme qu’il pourra utiliser une fois guéri s’il veut des enfants. On lui annonce le vendredi. Nino doit donc se branler rapidement avant son rdv le lundi et apporter son flacon au service procréation de l’hôpital moins d’1h après l’éjaculation car les spermatozoïdes doivent être rapidement congelés. Il essaie de se masturber dans les toilettes d’un café mais n’y arrive pas parce qu’il est interrompu et stressé. Les jours passent, on est dimanche soir et son rendez-vous est dans quelques heures. Il est chez Zoé (Salomé Dewaels), avec qui il flirte. S’ensuit alors une scène exceptionnelle mdr merci à la scénariste (et réalisatrice) Pauline Loquès pour ce grand moment de cinéma. Nino est dans la chambre de Zoé, tandis que Zoé dans la salle de bains. Ils ont chacun un babyphone. Zoé décide alors de lui lire de la littérature érotique dans la salle de bains alors qu’il l’écoute dans le chambre à travers le babyphone. Il se masturbe en même temps, puis jouit. Le tour est joué!
Plus sérieusement, la grande force de ce film imo est les dialogues. Certaines scènes comme celle entre Nino et sa mère (Jeanne Balibar) où Nino essaie de lui expliquer qu’il est malade et sa mère croit qu’il annonce sa transition est exceptionnelle. Le film est d’ailleurs extrêmement pertinent pour saisir les malaises qui habitent régulièrement nos conversations (je vais d’ailleurs m’en inspirer pour mon film).
Le côté docu-fiction parisienne récente/drame/suivi en temps réel fait un peu penser à « L’histoire de Souleymane » (2024) de Boris Lojkine (toutes proportions gardées).
Les acteurs sont excellents: Theodore Pellerin, Salomé Dewaels, Camille Rutherford qui a un personnage qui est très intéressant malgré une seule petite scène, William Lebghil qui est en fait un acteur doué qui était victime de la médiocrité de Kev Adams et des scénaristes de la série « Soda » (2011).
Force à cette talentueuse réalisatrice (c’est fort pour un 1er long-métrage) qui a perdu un proche mort d’un cancer de la gorge. Je sais ce que c’est, mon cousin est mort d’un cancer. C’est vraiment le mal du siècle, heureusement que les traitements s’améliorent mais ça va malheureusement augmenter le nombre de cas à cause de la pollution…