En lançant le visionnage de Nino, je m’attendais à un énième film sur une personne devant affronter la maladie. Même s’il est bien question d’un jeune homme apprenant qu’il a un cancer et que ce bouleversement va faire évoluer sa perception de la vie, le long-métrage délaisse cette notion. En effet, le cœur même de Nino, c’est l’humain. Plus que le poids de la santé, le film raconte surtout l’errance d’un personnage qui, par ce sort qui lui est réservé, va ouvrir les yeux sur les personnes qui ont ou vont croiser son existence. La camarade de classe perdue de vue, le colocataire qui s’avère être un véritable ami, la sœur de celui-ci et son traitement dont il ignorait tout… Jusqu’au concierge de son immeuble, connu que pour sa fonction – c’est littéralement la personne que l’on voit quand il y a un pépin – au point de ne rien connaître de lui, et encore moins ses problèmes de santé. Mené par des interprètes impeccables, et en particulier la révélation qu’est Théodore Pellerin, Nino est un vagabondage sentant bon la justesse et la sincérité. Le tout en sachant balancer entre le drame et la comédie, le titre se permet quelques touches humoristiques, voire critiques – notamment en ce qui concerne le milieu hospitalier, avec cette introduction dépeignant un secteur bancal (mauvaise communication, qualité des locaux, manque d’effectif…) – qui offrent une légèreté agréable. Certes, l’ensemble ne va pas plus loin et peut paraître simple niveau contenu, surtout avec une fin aussi abrupte. Mais la proposition est si touchante que je suis arrivé au générique de fin avec du baume au cœur. Et rien que pour cela, je ne peux que recommander Nino !