Ça se passe à Sunrise Hills , Les Collines de l’Aurore, aux USA quelques années après Hiroshima, longtemps après Le Soleil Brille pour Tout Le Monde de John Ford et encore plus longtemps après L’Aurore de Murnau. Vous ne connaissez pas Sunrise Hills ?
Est-ce que vous connaissez Petites Boites, chanson de Graeme Allwright, version française de Little Boxes de Malvina Reynolds, vieille « radical » amerloque, dont les paroles décrivent très satiriquement un lotissement pour une population aussi homogène que dans ce film ? La chanson vous donne une idée de Sunrise Hills et des personnes qui y résident, sauf que dans le film, s’ils sont tous blancs, surtout pas jaunes, tous blancs, et noirs à la rigueur mais on n’en voit aucun, ils sont moins riches et moins formatés que dans « Petites Boites, très étroites » .
Il y a d’abord le couple qui aménage pendant le déroulé du générique et ils sont trop heureux d’y arriver pour qu’on ne se doute pas qu’ils ne pourront jamais y trouver le paradis promis par tous les promoteurs immobiliers et leurs pancartes.
Et puis les autres couples, avec ou sans enfants, mais tous avec au moins quelques problèmes.
Il y a le mari qui n’arrête pas de promettre la lune à une femme qui n’en peut plus de ses promesses alors qu’il n’est même pas foutu de gagner l’ordinaire sur la terre.
Il y a aussi l’épouse qui, ayant demandé à son homme : « Est-ce que nous sommes meilleurs ou pire que nos voisins ? », s’entend répondre : « Nous sommes ce que les statistiques de nos assureurs qualifient de clientèle moyenne ». Et tout ça n’est pas « moyennement » bien écrit. C’est normal : c’est du Philip Yordan.
Et tout ça donne un film carrément bon réalisé par Ritt, quelqu’un dont finalement j’aurais vu pas mal de film engagés dans le bon sens écrit. Bon sens pour moi évidemment.
p.s. Titre français "Les Sensuels"? Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour vendre son produit à des gens comme nous, des gens qui pour eux, ne pensent qu'à ça!