Réalisé par Shahrbanoo Sadat, No Good Men est un film qui vient d'un pays qui n'a pas d'industrie cinématographique : l'Afghanistan. La réalisatrice a connu sur place la période et les lieux qu'elle décrit, c'était Kaboul avant la nuit et le retour des Talibans en 2021. Une époque déjà difficile pour les femmes, mais rien à voir par rapport à ce qu'elles subissent depuis cinq ans. La principale protagoniste du long métrage possède un caractère déterminé et elle n'entend pas se laisser dompter par les hommes, tant dans son métier de caméra woman que dans sa vie privée et dans son rôle de mère. Le film est résolument féministe, forcément politique, mais aussi, et c'est plus inattendu, empreint de romanesque et de romantisme. Une certaine légèreté, notamment à travers sa B.O, contraste intelligemment avec des scènes plus dures et souvent tragiques. Le mélange des genres est réussi dans un récit qui entend montrer un pays tel qu'il est ou a encore été il y a peu de temps, selon une cinéaste qui se caractérise par son "optimisme naïf" et qui ne s'est jamais reconnue dans le portrait que l'on a l'habitude de faire de sa contrée natale. Elle ne manque jamais de rappeler que, hélas, l'Afghanistan vit depuis plus de 45 ans dans un chaos quasi ininterrompu. Mais montrer comme elle le fait dans No Good Men comment a été fêté la Saint-Valentin (sic) en 2021 à Kaboul est aussi une façon de prendre le contrepied d'une histoire douloureuse et de croire encore en des lendemains plus joyeux, même si le rêve est loin d'être à portée de main.