Nobody Walks, réalisé par Ry Russo-Young, avait tout pour séduire : un casting solide, une ambiance feutrée et une promesse de drame intimiste où les non-dits prendraient le pas sur les dialogues. Pourtant, derrière cette élégance formelle se cache un film qui peine à engager.
Le récit, centré sur l’irruption d’une jeune artiste new-yorkaise dans le quotidien d’une famille californienne, mise sur la subtilité. Mais à force de trop suggérer, le film finit par s’effacer. Les personnages, bien que portés par des acteurs justes, manquent de consistance, comme s’ils n’étaient jamais vraiment écrits jusqu’au bout. L’intrigue avance à pas feutrés, sans heurts, sans éclat, jusqu’à devenir presque anecdotique.
Russo-Young privilégie la retenue, mais cette sobriété devient ici synonyme de distance. On admire la mise en scène, sans jamais s’y attacher. À vouloir être discret, le film devient parfois invisible.
Avec une note de 4.5/10, je reconnais l’intention et l’esthétique, mais je reste sur ma faim. Un film qui frôle l’intéressant sans jamais vraiment l’atteindre.