Sympa. Et surtout porté par un Bob Odenkirk qui semble avoir définitivement trouvé une seconde jeunesse dans les rôles de types fatigués mais dangereusement compétents après Nobody, le reste des têtes connues s'apparantant plus à des clins d'oeils pour des personnages bien fades.
Après Nobody donc : Normal.
Encore une fois, Odenkirk fait le boulot. Moins dans la brutalité sèche que dans Nobody, moins dans le cassage de gueules méthodique, mais avec cette même capacité à incarner un personnage qui semble profondément se foutre du monde autour de lui. Sauf qu’ici, ce détachement est différent. Plus froid. Plus usé. Comme un homme qui n’attend plus grand-chose de la vie mais qui continue malgré tout à avancer, avec de la neige jusqu’aux genoux.
Shérif intérimaire dans une petite ville du Minnesota ensevelie sous le froid et les non-dits, il comprend rapidement que quelque chose cloche. Et ce n’est pas son petit doigt qui va le lui dire… mais plutôt ceux de deux autres personnages qui viennent raccrocher les wagons d’une intrigue lorgnant clairement du côté de Hot Fuzz de Edgar Wright.
Mais la comparaison s’arrête malheureusement assez vite.
Parce que si Normal avance tambours battants, entre fusillades, arsenal généreux et quelques armes improvisées bien senties, il lui manque cette étincelle d'originallité et surtout cette écriture au cordeau qui faisait de Hot Fuzz un pastiche-hommage si jubilatoire. Ici, les personnages restent fonctionnels pour la plupart et l’action, bien que nerveuse et efficace, peine à réellement marquer les esprits en dehors de quelques petites boucheries improvisées.
Le film reste néanmoins agréable grâce à son rythme, son ambiance enneigée réussie et surtout grâce à Odenkirk, toujours capable de donner du relief à des héros qui pourraient facilement n’être que de vieux clichés ambulants.
Un thriller d’action solide donc, jamais désagréable, parfois drôle, mais qui manque d’un vrai grain d'orignalité (pardon d'originalité) pour réussir à s'extirper durablement du congélateur, bac du bas, celui des “petits films du dimanche soir”.