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804 critiques
Critique de Not Fade Away par sebabarre
Une énorme bouffée d'air frais sur fond de Rock N' Roll.
le 2 mai 2013
Avec Not Fade Away, David Chase, créateur de la série culte Les Soprano, tente de faire résonner le fracas intime de la jeunesse à travers le prisme du rock des années 60. Le film, sincère dans son approche, navigue entre chronique initiatique et réflexion nostalgique sur les désillusions de toute une génération. Pourtant, malgré une atmosphère évocatrice et une bande-son d’une richesse indéniable, l’ensemble laisse une impression d’inabouti, comme un morceau prometteur qui s’essouffle avant le refrain.
Au cœur de l’intrigue, Doug, adolescent discret du New Jersey, découvre le rock, se laisse pousser les cheveux, et rêve d’un ailleurs à la hauteur de ses idoles musicales. Ce point de départ classique aurait pu servir de tremplin à une exploration profonde des tiraillements adolescents. Mais malgré de bonnes intentions, le film peine à établir un rythme narratif fluide. L’évolution du personnage principal semble hachée, parfois précipitée, comme si Chase sautait d’un souvenir à l’autre sans toujours nous laisser le temps de nous attacher.
Les personnages secondaires souffrent d’un traitement similaire : esquissés plus que véritablement creusés. Le père autoritaire, la mère résignée, les membres du groupe, la petite amie insaisissable... Tous gravitent autour de Doug, mais aucun ne semble exister en dehors de son regard – un choix qui affaiblit l’impact émotionnel du récit.
Là où Not Fade Away marque des points, c’est dans sa manière d’intégrer la musique comme vecteur d’identité et de rébellion. La bande-son, brillante, aligne des classiques de l’époque (The Rolling Stones, Bob Dylan, Bo Diddley…) qui ne se contentent pas de servir de fond sonore : ils incarnent le tumulte intérieur des personnages, leur envie de s’affranchir d’un cadre étouffant, de trouver leur propre voie.
Pourtant, on aurait aimé que cette richesse musicale serve davantage le récit. Les scènes de répétition ou de concert restent rares et souvent frustrantes dans leur brièveté. À aucun moment le film ne plonge vraiment dans l’énergie viscérale d’un morceau joué avec rage ou d’un moment de communion musicale entre les membres du groupe. Le rock est là, mais il reste en surface, davantage décor que moteur narratif. C’est dommage, car Chase semble comprendre profondément cette musique ; il manque juste le souffle, cette fièvre que le rock promet mais que le film n’embrasse jamais totalement.
Ma note de 6.5/10 reflète cette dualité : Not Fade Away est un film plein de bonnes intentions, qui capte par instants une vraie émotion, mais qui souffre d’un manque d’ampleur, de cohérence et parfois d’élan. Il y a quelque chose d’admirable dans cette tentative de raconter une histoire de rêves avortés avec pudeur et lucidité. Mais à force de retenue, le film finit par manquer de relief.
Il ne s’agit pas d’un échec, mais d’un rendez-vous manqué. Le regard que David Chase pose sur ses personnages est empreint de tendresse, mais on ressort du film avec la sensation d’avoir écouté un disque qu’on aurait aimé aimer plus.
Créée
le 23 avr. 2025
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