Sorti en 1959, ce film d’espionnage situé à Cuba a un timing pour le moins incongru ! Se déroulant à La Havane avant la Révolution, mais tourné après (on raconte que Fidel Castro se serait rendu en personne sur le tournage !). Et sorti 3 ans avant la crise des missiles et la James Bond mania. Sans compter son sujet pour le moins original…
On y suit un modeste vendeur d’aspirateur britannique vivant à La Havane, brusquement enrôlé pour des raisons financières comme agent de renseignement au service de la couronne. Mais au lieu de réaliser un travail d’espionnage dont il ne connait rien, il va monter un faux réseau pour détourner des fonds. Jusqu’à ce que les informations fictives qu’il remonte engendrent des conséquences bien réelles.
Un point de départ qui fait penser à « The Tailor of Panama » de John Boorman. Ici également, le héros est un vrai filou trop considéré. Toutefois, si l’intrigue d’espionnage est sérieuse sur le papier, le film est abordé avec une légèreté relative. Carol Reed tire parti de situations absurdes, se moque des services de renseignement britanniques, tout en mettant la pression avec finesse quand il le faut, avec de discrets plans débullés. On apprécie également le tournage en local, qui donne un certain cachet, ainsi que certaines idées amusantes (un plateau de dames transformé en drinking game !).
Mais la palme revient clairement à Alec Guinness, excellent en agent roublard qui voit ses combines lui échapper. Ses mimiques et expressions rendent attachant un personnage a priori méprisable, et ajoutent énormément d’humour à l’entreprise.