(J'avoue que la mention du mojito dans le titre est juste là pour le jeu de mots, parce que ça s'enfile plutôt des daïquiris durant le film. J'aurais pu titré "La Chevauchée des Daïquiris", tiens...)
Adaptation du roman de Graham Greene (lequel à un petit rien d'autobiographique), Our Man in Havana est surtout un film qui en rappelle et en annonce plein d'autres, en plus d'être un objet historique : Tourné juste après la révolution cubaine mais relatant l'avant, anticipant la Crise des Missiles de 1962...
Difficile en effet, avec Carol Reed à la réalisation, de ne pas voir dans cette histoire d'espions-là, une sorte de parodie du Troisième Homme, d'autant que Reed utilise les mêmes plans de rues débullés, encore une fois rythmées par une ritournelle à la guitare. Difficile de ne pas voir, dans cette histoire d'un quidam, expatrié dans un pays exotique, qui se retrouve à tirer les ficelles d'un jeu de dupes entre espions, des liens avec The Tailor of Pamana. Difficile, en voyant cette troupe d'espions, britanniques jusqu'au bout des ongles, faisant face à une base secrète tout droit sortie d'un film de SF, de ne pas penser aux James Bond qui sortiront peu après.
Bref, sans taper dans la grosse gaudriole, voilà une comédie d'espionnage amusante, pleine de gugusses collet-monté (Noël Coward, très drôle en son flegme total) qui ne voient pas le ridicule de leur situation. Et là se tient la performance d'Alec Guinness : Il est excellent dans ce rôle d'anglais pas si imperturbable que ça, avec sans cesse l'oeil qui frise, seul conscient de cette absurdité...