3
110 critiques
Fausse note
Le documentaire «Nous l’orchestre» me laissait espérer une plongée rare et instructive au cœur du fonctionnement managérial d’un orchestre. Malheureusement, la promesse n’est pas tenue (et même...
le 29 avr. 2026
Nous l’orchestre est le dernier des documentaires musicaux de
Philippe Béziat, son genre de prédilection – son précédent film consacré à la musique classique, sorti en 2021, Indes galantes, filmait la préparation de l’opéra de Rameau donné en 2019 à l’Opéra de Paris, extraordinaire spectacle qui permettait la rencontre des danses urbaines et du chant lyrique, par la mise en scène de Clément Cogitore et la chorégraphie de Bintou Dembélé.
Avec Nous l’orchestre, Béziat nous introduit au cœur d’un orchestre au travail. La réussite du film tient à la plongée de la caméra au sein de l’orchestre, au plus près des musiciens, parfois dans de très gros plans qui saisissent des gestes infimes, des frémissements d’expression, jusqu’au grain même de la peau – et l’on n’oubliera pas de sitôt ces images de la peau parcheminée du grand chef bientôt centenaire, Herbert Blomstedt, qui avait 97 ans quand il a été filmé ici en train de diriger (de mémoire !) une symphonie de Bruckner.
L’autre intérêt est d’entendre les paroles des musiciens, tantôt dites face caméra, tantôt en voix off, tantôt livrée sous forme de texte à l’écran – sans que la logique de ces variations apparaisse clairement, au point de sembler arbitraire et, au fond, assez peu signifiante. Ces propos n’apportent guère de nouveauté en termes de contenu, dans la mesure où ils reprennent un discours largement partagé sur le travail orchestral, mais ils touchent par ce qu’ils laissent affleurer d’émotion, de fragilité, d’engagement.
Ces deux raisons – outre quelques beaux moments musicaux, remarquablement captés – suffisent à aller voir ce documentaire. Mais quelle déception d’y trouver une paresse presque désinvolte qui nous donne à voir des vols d’étourneaux quand il est question des individus qui se fondent dans un collectif ou des éoliennes pour suggérer le souffle… Et le film aligne plus qu’il ne compose : l’organisation des différentes séquences du film obéit à une logique que le réalisateur ne nous dévoile pas, les cadrages des musiciens interviewés hors de l'orchestre sont d’une triste pauvreté, les raisons des quelques excursions hors de la Philharmonie pour suivre tel ou telle musicien·ne quittant son domicile et marchant en direction de son lieu de travail ne s’expliquent pas…
Bref, là où l’on attendrait une véritable orchestration – un art de distribuer les voix, de créer des tensions, des reprises, des contrastes – on trouve une forme étonnamment pauvre pour un matériau d’une richesse humaine et musicale exceptionnelle, que le film se contente d’enregistrer, sans supposer un possible dialogue entre langages musical, verbal et… cinématographique.
Créée
le 2 mai 2026
Critique lue 49 fois
3
110 critiques
Le documentaire «Nous l’orchestre» me laissait espérer une plongée rare et instructive au cœur du fonctionnement managérial d’un orchestre. Malheureusement, la promesse n’est pas tenue (et même...
le 29 avr. 2026
8
1292 critiques
Voilà un film documentaire de belle tenue visuelle et sonore lVoici une démonstration réussie et humble quant à la vie professionnelle d’un grand orchestre symphonique !Voilà un long métrage...
le 8 mai 2026
8
120 critiques
"Nous l'orchestre" : film documentaire sur le collectif d'un orchestre, l'Orchestre de Paris. Il y est principalement filmé à la Philharmonie, dont l'architecture extérieure et intérieure est...
le 4 mai 2026
9
182 critiques
C’est ceci, sans doute, ce que le cinéma fait de mieux – ou disons de plus spécifique : montrer, par une légère mimique ou un geste à peine amorcé ce qu’une âme traverse et que les mots échouent à...
le 12 juil. 2025
9
182 critiques
Jardin d'été est sorti en 1994. Au Japon. En 2025 en France. Trente et un an, ce doit être le temps qu’il faut à un papillon pour venir du Japon en France… Et, comme les papillons du film, il est...
le 8 juin 2025
7
182 critiques
Ce film est remarquable à beaucoup d’égards : le jeu d’Alexis Manenti, qui trouve là sans doute son meilleur rôle ; les paysages sublimes, qu’une belle photographie magnifie encore ; la musique de...
le 25 févr. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème