Magnifique film mexicain soutenu par de nombreux pays et sponsorisé par Kleenex.
La dernière remarque est bien sûr légèrement fake. En tous cas, moi, j'y ai passé un demi paquet...
Tous d'abord le casting. Mon dieu qu'elles jouent bien ces femmes. Toutes. Les jeunes les moins jeunes. Et elles sont belles, d'une beauté supra réelle dans ce qu'elles endurent. Bien sûr Mayra Batalla dont le visage est une œuvre en soi. Mais également les gamines, puis les ados qui se coupent les cheveux à défaut de tchador. Non pas pour des raisons religieuses, mais pour des raisons de survie.
La vie au Mexique n'est pas simple, elle ne l'a jamais été, mais l'explosion des cartels a rendu l'ambiance pour le moins compliqué.
Attention, digression:
J'ai voyagé sac à dos au Mexique il y a une quarantaine d'année et, à part au Chiapas, A San Cristobal de Las Casas où me sont arrivé des choses... bizarres (J'ai pris des photos lors d'un marché, j'ai vu dans le viseur des regards d'indios mécontents. Lors de mon retour à Mexico, j'ai fait développer mes centaines de photos sans problème, sauf la bobine de San Cristobal qui était totalement voilée...), et la rencontre avec une indios qui m'a expliqué les méthodes de séduction, bizarres, entre homme et femme. Mis à part tout cela, le pays m'a beaucoup plu, y compris les insectes vivants vendus sur les marchés afin de combler le déficit alimentaire.
Et puis j'y suis retourné plusieurs fois pour mon travail dans les années 2000-2010 et là, changement de décor. Nous devions nous protéger. Un de mes collègues s'est pris une balle dans la jambe pour avoir refusé de donner son PC après s'être fait hi-jacké dans un taxi. En tant que salarié d'une multinationale, j'ai une valeur marchande indéniable...
Attention fin de la digression.
Je me suis laissé emporté par ce film, les combats de ces gens simples qui n'ont rien demandé à personne mais qui se trouvent sous la coupe de criminels professionnels. Drogue, prostitution, soumission sont leur seul langage. Et ces femmes survivent bon gré, mal gré et les jeunes filles prépubères jouent comme tous les enfants libres du monde, jusqu'à...
C'est touchant, c'est prenant, c'est dur, c'est violent, c'est désolant, c'est désespérant, mais malgré tout, c'est beau. Du cinéma. Du vrai. Pas d'un truc en caoutchouc made in USA, mais qui coûte des dizaines ou des centaines de millions de dollars.
La réalisatrice Tatiana Huezo réalise là son premier Long métrage. Elle vient du documentaire et cela se sent un peu, mais ça ne gêne nullement le film, au contraire.
Je conseille vivement