Le sujet aussi bien que la réalisation sont extrêmement interessants pour nous européen.
Nous ne sommes pas habitués à ces douleurs sourdes qui imprègnent certaines régions du mondes, qui pour nous sont complètement surréalistes mais qui sont malheureusement le quotidien de certaines communautés;
Le sujet ? Dans les coins reculés du Mexique, gangréné par les cartels de la drogue, la loi et l'état de droit n'ont plus cours. Les populations vivent comme elles peuvent aux service du cartel, qui assure un chantage permanent pour obtenir main d'oeuvre gratuite et dime obligatoire pour n'importe quel prétexte.
Au sein d'un tel village le film suit l'amitié indéfectible de 3 jeunes filles, qui une fois adolescentes deviennent des proies sexuelles pour le cartel, en plus d'être à son service, comme leurs mères, pour la récolte de la gomme à opium issu du pavot. Leur mères tentent de les protéger, souvent à travers de non dits, au péril de représailles. Le panorama est sombre
Le film présente clairement la pression incessante, la crainte permanente, la difficulté de maintenir un semblant de vie. l'école fait ce qu'elle peut mais est sous la menace constante de représailles. Les maris sont en général partis aux USA pour gagner leur vie, laissant les mères et les enfants au bon vouloir du cartel. La vie peut basculer à tout moment;
La brochette de jeunes actrice donne corps à ce drame avec excellence; La mère (Rita) est jouée par Mayra Batalla qui retranscrit parfaitement la volonté des mères de protéger leur petites filles et leur permettre de vivre aussi sereinement que possible leur enfance, mais en ayant conscience des risques qui planent constamment. Les moments de peur, de doutes, parfois de joie et d'amour maternel (dont on sent qu'il a du mal à se manifester dans un tel contexte) sont joués et filmés avec pudeur et finesse par la réalisatrice.
Le titre (Nuit de Feu, Noche de Fuego au Mexique) n'est pas terrible pour vanter ce film mais reste quand même mieux que le titre anglo-saxon (prières pour les enlevés)