Nuits noires
4.5
Nuits noires

Film de Martin Guigui (2012)

Nuits noires : le thriller qui s’égare dans sa propre ombre

Difficile de ne pas être désabusé après avoir subi Nuits noires de Martin Guigui (2012). Subir est bien le mot : plus qu’un film, c’est une épreuve d’endurance. Avec une note de 1/10, mon jugement peut sembler radical, mais il est le reflet d’une immense déception face à une œuvre qui échoue presque systématiquement là où elle promettait tant.


Dès les premières scènes, on sent que quelque chose cloche. Le rythme est atone, les enjeux flous, et l’ambiance supposée pesante vire rapidement au vide intersidéral. Là où l'on attendait un crescendo de tension, Nuits noires nous offre une stagnation soporifique. Aucun frisson, aucune surprise : la noirceur promise reste superficielle, comme un vernis mal appliqué sur un scénario défaillant.


Le scénario justement, parlons-en : bancal, cousu de fils blancs, il semble écrit à la va-vite, sans respect pour la cohérence ou l’intelligence du spectateur. Les dialogues, lourds et artificiels, plombent davantage encore un casting visiblement abandonné à lui-même. Les personnages, caricaturaux au possible, peinent à exister autrement qu'à travers des clichés éculés.


La mise en scène n’arrange rien : dépourvue d’identité visuelle, elle s’enlise dans des choix esthétiques ternes et sans audace. Le titre Nuits noires évoquait pourtant une promesse d’atmosphères inquiétantes, de jeux d’ombres subtils ; hélas, tout est fade, prévisible, bâclé.


Même du côté des acteurs, aucune planche de salut : leurs performances oscillent entre l’ennui et la gêne, symptôme criant d’une direction artistique inexistante. Là où l'on pourrait espérer des instants de grâce, on assiste à un enchaînement de maladresses embarrassantes.


Reconnaissons malgré tout à Martin Guigui l'audace d’avoir tenté de s’aventurer dans un genre exigeant. Mais l’ambition seule ne suffit pas : sans rigueur d’écriture, sans vision claire, et sans passion tangible, Nuits noires sombre inexorablement dans l’oubli.


En définitive, ce film est l'illustration parfaite d'un potentiel gâché par une exécution paresseuse. Plus frustrant que véritablement mauvais, Nuits noires est un gâchis artistique, un échec d’autant plus amer qu’il avait, à la base, tout pour intriguer.

CriticMaster
1
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les pires films de 2012

Créée

le 29 avr. 2025

Critique lue 11 fois

CriticMaster

Écrit par

Critique lue 11 fois

D'autres avis sur Nuits noires

Nuits noires

Nuits noires

3

Gand-Alf

2256 critiques

Love sucks.

Je suis le premier à déplorer le fait que beacoup de péloches de genre soient privées de sortie en salles dans notre beau pays, alors que nombre de productions moins cinématographiques squattent...

le 23 janv. 2013

Nuits noires

Nuits noires

6

Clear

103 critiques

Friday night, no lights

C'est bouillon, c'est confus, la plupart des acteurs jouent mal, mais ce film est sauvé par la prestation de Dennis Quaid qui campe un méchant parfait. Fou, sadique, ami d'une police complètement à...

le 30 nov. 2012

Nuits noires

Nuits noires

1

CriticMaster

2300 critiques

Nuits noires : le thriller qui s’égare dans sa propre ombre

Difficile de ne pas être désabusé après avoir subi Nuits noires de Martin Guigui (2012). Subir est bien le mot : plus qu’un film, c’est une épreuve d’endurance. Avec une note de 1/10, mon jugement...

le 29 avr. 2025

Du même critique

The Pervert's Guide to Ideology

The Pervert's Guide to Ideology

8

CriticMaster

2300 critiques

Voir ce qu’on croit : un vertige philosophique captivant

Aujourd’hui, je vous parle de The Pervert’s Guide to Ideology, un documentaire réalisé par Sophie Fiennes en 2013, avec le philosophe Slavoj Žižek. J’ai mis 8/10 à ce film, parce qu’il m’a...

le 30 avr. 2025

Après mai

Après mai

8

CriticMaster

2300 critiques

Les braises d’un idéal : la jeunesse en quête de sens dans Après mai

Dans son film Après mai (2012), Olivier Assayas dresse un portrait sensible et nuancé de la jeunesse française du début des années 1970, marquée par l'héritage de Mai 68. À travers le regard de...

le 30 avr. 2025

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

2300 critiques

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...

le 3 juin 2025