Un film de femmes, c’est-à-dire un film qui met les femmes au premier plan, sans mépriser les hommes, mais en les laissant à leur place, seconde par rapport à ce qui est montré et qui concerne la vie, le corps, les paroles et les pensées des femmes. C’est de ce point de vue un excellent film par sa radicale originalité. Un autre intérêt est de filmer l’animalité de la corporéité humaine (ici, féminine) et l’exploitation, la consommation du corps des femmes par les hommes (c’est ce qui ressort de ce qui est montré de l’utilisation du corps féminin à des fins de procréation, de travail ou de prostitution). L’un des apports du film est de montrer l’accouchement et l’avortement comme tous deux des délivrances – même si une sorte de préjugé nataliste peut se faire jour, ce qui n’est cependant pas une interprétation qui s’impose. Du reste, le film laisse le spectateur très libre de sa propre interprétation malgré les partis pris très nets du regard de la réalisatrice.