A travers le personnage de Conor Marsh (interprété par le cinéaste), 36 ans, vivant en 1987, seul avec son chien Sandy, se faisant livrer la nourriture le mercredi par Mary (avec qui il converse à travers sa porte), passionné de cassettes vidéo principalement d’horreur (« Freddy », « Vendredi 13 ») et d’informatique (il reconstitue à partir d’une succession de symboles syntaxiques les photos d’enfants pour 5 $, tout en écoutant des 33 tours de musique classique), Albert Birney a su créé, avec talent, une ambiance étrange, en noir & blanc, façon « Eraserhead » (1977), réalisé à 31 ans par David Lynch, mais aussi nostalgique pour ceux qui ont connu les débuts de l’informatique, sous MS-DOS, avant l’arrivée de Windows et avec les disquettes de 3e génération dites 3 pouces et demi. Cela devient moins original lorsque Conor, à la suite de la disparition de son chien pendant la nuit, pénètre dans le jeu OBEX (qui ressemble à « La légende de Zelda » sorti en 1986 par Nintendo mais en plus sommaire) qu’il a commandé. Le scénario oscille et hésite entre absurde (façon « Monty Python ») et fantastique (évocation furtive du personnage de Freddy, apparu pour la première fois dans « Les griffes de la nuit » (1984) de Wes Craven). L’évocation des souvenirs d’enfance affadit la seconde partie et la présence réelle de cigales (sortie de terre des nymphes, après 17 ans, pour muer en adultes) autour de la maison de Conor n’est pas assez exploitée, surtout en mode horrifique. Néanmoins, le réalisateur a su faire preuve d’une certaine originalité, tout en traitant aussi du thème de la solitude et du risque des écrans.