L'œuvre toute entière de Brian De Palma est traversée par les influences de son "maître" britannique Alfred Hitchcock, mais "Obsession" est peut-être son film le plus hitchcockien, bénéficiant par exemple de la musique de Bernard Herrmann..
De Palma reprend la thématique (l'obsession morbide) et la trame (l'existence d'un double féminin) du classique "Vertigo", dans un hommage plus que transparent.
Or il ne s'agit pas du film que je préfère dans la riche filmo d'Hitchcock, loin s'en faut ; hasard ou coïncidence, je n'ai pas non plus été transcendé par "Obsession"...
Il faut cependant reconnaître une vertu incontestable à ce neuvième long-métrage de De Palma : sa mise en scène très soignée, magnifiée par un Technicolor somptueux (photo de Vilmos Zsigmond), et par les sublimes paysages de Florence et de La Nouvelle Orléans.
Pour le reste, "Obsession" s'apparente à un thriller psychologique assez pompeux, figé et maniéré, guère captivant pour tout dire, même si le twist final relève un peu la sauce d'un scénario inégal, pourtant signé Paul Schrader (les habitués auront ainsi décelé le grand méchant de l'histoire dès sa première apparition).
Du côté de l'interprétation, les comédiens ne déméritent pas, sans toutefois parvenir à susciter une énorme empathie, à l'image de l'antipathique Cliff Robertson, ou de la brune canadienne Geneviève Bujold, qui reprend peu ou prou le rôle de la blonde Kim Novak dans "Vertigo".
Bref, les fans de De Palma période seventies devraient se régaler, de même que les amateurs de plans chiadés et de cadrages originaux ; les autres peuvent passer leur tour sans trop de remords.