Avec cette production en forme de spin-off à l’illustre saga des braqueurs charmeurs initiée par « Ocean’s 11 » - et suivie de ses deux suites - on surfe clairement sur la vague de féminisation à outrance de licences cinématographiques connues, comme a pu le faire le remake au féminin de « S.O.S. Fantômes » il y a deux ans. Si on pousse l’analyse à son paroxysme, on pourrait également trouver une corrélation avec le mouvement féministe et protestataire #metoo due à l’affaire Weinstein. Mais ce n’est que supposition, dans tous les cas cet « Ocean’s 8 » est dans l’air du temps et il est toujours agréable de voir la gente féminine prendre les rênes d’une grosse production surtout avec un casting aussi alléchant. Une distribution où d’ailleurs aucune actrice ne tire trop la couverture vers elle. Même les plus connues ne vampirisent pas l’écran, laissant de l’espace aux autres. Elles minaudent juste comme il faut, s’amusent toutes et nous avec, Anne Hathaway étant la plus délicieusement drôle en fausse bécasse.
Il y a tout de même un problème de rythme au démarrage caractérisé par une intrigue qui patine un peu la première demi-heure. Mais, ensuite, le film prend son envol avec classe et ne nous lâche plus jusqu’à la dernière minute. Si tout cela est attendu et prévisible, on ne peut nier qu’on prend un plaisir certain à suivre les arnaques de ces huit femmes dans le milieu de la joaillerie, féminisation oblige. La trame d’un casse est suivie à la lettre et ne déroge pas aux règles du genre avec la présentation des personnages, la préparation dudit coup, son exécution et un petit rebondissement pour que le spectateur ait le sentiment d’en avoir pour son argent. Il est ici assez facilement décelable mais n’en demeure pas moins jouissif. Et si Gary Ross n’a pas la fougue d’un Steven Soderbergh derrière la caméra, tout cela est mis en scène avec assez de panache et de chic pour être en adéquation avec le sujet et ne pas être taxé de paresseux.
Mais « Ocean’s 8 » fait surtout oublier le très mauvais souvenir laissé par un « Ocean’s 13 » poussif, redondant et lassant. Bien sûr, il ne faudrait pas abuser de la tolérance du public en nous resservant une suite au spin-off… Mais c’est fort probable en cas de succès. Hollywood reste Hollywood avec ses voies parfois impénétrables mais souvent mercantiles. Le long-métrage remplit totalement son contrat de divertissement mainstream, parfait pour un samedi soir de détente entre ami(e)s. Et si cet opus n’apporte pas réellement de valeur ajoutée, c’est fait avec assez de savoir-faire pour ne pas nous ennuyer une seule seconde. L’apogée du long-métrage étant la scène du vol, réalisée avec soin et d’une fluidité qui confine à la perfection. Quelques notes d’humour et quelques références aux trois autres épisodes finissent de satisfaire notre exigence sans pour autant en faire un film inoubliable, on vous l’accorde. Mais on prend gentiment notre pied sans se prendre la tête et c’est déjà pas mal sachant surtout que ça aurait pu être bien pire.
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