Oh! Bomb, ou Okamoto adaptant William Irish chez les yakuzas : encore plus rock'n'roll que Kurosawa Akira transposant Dashiell Hammett chez les samouraïs avec Le Garde du corps ! Soit le ninkyo filtré par le kabuki, Samuel Beckett, le slapstick et l'humour nonsensique. Sur la corde raide, inégal -le style de jeu outré à mort est du all or nothing, le délire en mode Jeff before Lau cale parfois- mais indéniablement à part. L'influence kabuki permet à Okamoto de briser le quatrième mur peu de temps après Bergman et Godard et longtemps avant Scorsese, le kaidan eiga et le jidaigeki sont parodiés, la comédie musicale est aussi présente, le stylo joue dans une campagne électorale un rôle comparable aux pommes pour le Jacques Chirac de 1995 et sa version explosive préfigure les boutons de jeans de Piège à Hong Kong. Le plaisir du jamais vu.