Une véritable claque. Okja parait d'abord classique et fade, mais il prend du sens au fur et à mesure. Et quel sens ! Le film aborde un sujet important, qui est au cœur de notre société, mais que le cinéma ne traite pas souvent (voire jamais) : la maltraitance des animaux. Les horreurs dues à ce "phénomène" ancré dans notre société de consommation sont traduites par des images fortes, choquantes, bouleversantes et dérangeantes au possible. On décrit la réalité à travers une fiction, et cette critique indirecte ressemblerait plus à une dénonciation de ce traitement abject envers des êtres vivants. Mais je ne vais pas jouer à la donneuse de leçon pendant un paragraphe en vous disant que nous sommes tous plus ou moins responsables etc. car le film le fait avec beaucoup plus de subtilité que je ne le ferais jamais.
Les acteurs sont bons, très bons même : Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal notamment, avec leurs personnages irréalistes et caricaturaux, représentent la tendance du film à pousser à son apogée la folie de cette société afin de montrer plus distinctement ses nombreux défauts. Le fait que la conclusion, que le dénouement se fasse par la corruption montre bien à quel point le film veut critiquer le système capitaliste.
Okja réussit à faire d'incroyables nuances : lors de son dénouement, il passe d'images choquantes, horribles, abominables et révoltantes à une ambiance calme, saine, heureuse et belle, tout simplement. Okja touche à tous les sujets et en joue facilement.
Qu'est-ce qu'Okja au final ? Okja, ce sont des acteurs très en forme et une réalisation plus que soignée, tout à fait plaisante et même stylée. Okja, c'est une ambiance presque merveilleuse et des personnages irréalistes pour décrire des horreurs plus que réelles. Okja, c'est un film à la fois magnifique et horrible, génial par les sujets qu'il traite.