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SuivreLa belle et les bêtes
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Okja est le film réalisé par Bong Joon-Ho juste avant Parasite, qui confirme sa trajectoire hollywoodienne prise depuis Snowpiercer. On y retrouve moult stars américaines : Tilda Swinton en PDG fasciste et excentrique, Jake Gyllenhaal en vétérinaire taré, ou Paul Dano en militant fanatisé (clairement le meilleur acteur du film aux côtés de la jeune Ahn Seo-Hyun, dont les cris "Okja" restent bien ancrés dans la mémoire). Tant le scénario que la morale sont simples : une entreprise agroalimentaire américaine veut submerger le monde de viande OGM, en greenwashant le tout, et en récupérant Okja, cochon titanesque devenu meilleure amie de sa jeune éleveuse coréenne, Mija, attisant la fureur d'associations de défense des animaux. Une fable contre l'élevage industriel des animaux - mais non pour le végétarianisme.
Le début de l'histoire, Mija et Okja gambadant insouciamment dans les montagnes coréennes, est fastidieux. On comprend au bout de 30 secondes que ce bonheur simple va être brisé par de méchants capitalistes américains, sinon il n'y aurait pas de film. Mais ce début dure une bonne demi-heure, le temps de placer qu'Okja n'est pas un animal comme les autres, mais semble douée d'une intelligence et d'un altruisme presque humains. Comme si Boog Joon-Ho se plaisait à enfin remettre en scène des monstres (comme dans The Host ou plus tard, Mickey 17). Heureusement, le film s'accélère avec la poursuite dans Séoul, aussi haletante que comique (mélange qui parcourt tout le film et fera le succès de Parasite), et le dénouement new-yorkais.
Si le film pointe les limites de l'élevage industriel de façon juste, et montre par exemple comment le capitalisme s'appuie sur des forces de l'ordre dévouées et ultra-violentes, il pèche par caricature dans sa dimension comique, avec les personnages déjantés de la PDG et du vétérinaire, ou comme ce militant qui refuse de manger ne serait-ce qu'une tomate-cerise par conscience écologique (alors qu'il vient de prendre l'avion pour aller des US à Séoul, mais passons). Je précise que le film n'est pas un manifeste pour le véganisme. Mija et son grand-père continuent de manger de la viande - mais sûrement avec un élevage plus respectueux des animaux, et sans manger d'animaux qui ont semble-t-il une conscience humaine.
La morale de fin (attention je spoile) est somme toute décevante : face à la cruauté du monde, Mija et Okja se réfugient chez elles, dans la montagne, loin du chaos, et cultivent leur propre jardin. Candide, revisité.
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Créée
le 19 juil. 2025
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