Se lever à 7h30 du mat' pour se caler devant le dernier bébé de Netflix... et attendre jusqu'à 17h30 qu'il soit finalement disponible sur l'application, le beau fail de la journée, m'enfin j'en ai profité pour mater trois autres films dans la journée donc ça va.
Okja ou la polémique du festival de Cannes 2017, comme toute polémique, elle fut bien bête, est-ce qu'un film ne sortant pas dans les salles de cinéma peut disposer d'une palme d'or ? Et pourquoi que ça pourrait pas franchement ? Le cinéma est riche, et quand c'est en plus un excellent réalisateur qui nous pond le bazar, on ne peut que se dire que ce serait ridicule de le basher juste parce que son film vient d'une plateforme de streaming.
M'enfin bref, loin de moi l'idée de vouloir jeter de l'huile sur un bœuf, c'est plutôt le job de Bong Joon-ho en l'occurence. Le réalisateur coréen admiré pour ses films tel que Memories of Murder bien sûr, le déjanté The Host, l'intime Mother ou encore son précédent Transperceneige nous emmène dans l'endroit que personne ne veut connaitre, l'endroit dont tout le monde (ou presque) se fout, l'abattoir !
Une question perpétuelle, de plus en plus mise en avant dans notre société, l'abattage des animaux pour notre confort, notre faim, celle de l'homme, le pire animal qui soit en somme. Joon-ho arrive à nous immerger dans cette horreur tout en instaurant une légèreté, un coté pétillant et coloré, tendre et terriblement cruel à la fois, il suffit de comparer les 15 premières minutes lentes et contemplatives aux 15 dernières effroyables, déchirantes mais malgré tout émouvantes.
Forcément j'y suis allé de ma petite larme sur la fin, grand amoureux des animaux que je suis et pourtant pas vegan ni végétarien pour un sous... Comme de nombreux gens je mange en essayant de ne pas penser à l'horreur derrière le bon gout, nous sommes conditionnés ainsi malheureusement, mais je ne serais pas contre bouffer quelques humains...
Okja est donc un film coloré et fictif, aux allures de cartoons parfois, toujours, malgré tout, rattrapé par une vérité inéluctable et si crédible. Le tout grâce à un scénario qui s'il démarre doucement nous fait ensuite passer par de l'action, un petit côté espionnage également, le drame pur, ou encore la comédie, un beau mélange de saveurs en somme. Jeu de mots mal choisi non ?
Au-delà d'une mise en scène amusée, nous faisons également face à un casting de taré, en particulier du coté de Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal.
Tilda comme toujours est grimée, bordel cette femme est incroyable, un physique d'alien qui passe par tous les looks, déjà dans Le Transperceneige du même réal elle avait pris cher, mais là la blondasse rose bonbon c'est délicieux ! Elle me bluffe, j'peux rien dire d'autre... Puis vint Gyllenhaal, plus qu'un acteur, un possédé tout bonnement, look d'aventurier en carton, démarche de drogué en manque et une voix aigu d'enfant insatisfait, un rôle jouissif pour un acteur impeccable.
La petiote Ahn Seo-Hyun s'en sort génialement aux côtés de son super cochon tout mignon, attachant et touchant. Giancarlo Esposito est superbe évidement, tout comme un de mes chouchous Paul Dano, magnifique interprétation pour un très beau rôle, sans oublier Glenn... Steven Yeun.
En bref, une aventure rythmée par une bande son inattendue et enjouée, à la photo enfantine, colorée aux crayons de couleurs, à la réalisation tantôt épurée, tantôt extravagante, et au scénario captivant qui donne à se poser des questions. Bong Joon-ho est un maître dans le domaine du mélange des genres et des émotions.
PS : Il y a une scène post générique.