L’intertitre du générique nous avertit que le film fut réalisé avec, comme figurants, des habitants des Marquises. Cela me rassure un peu, car je craignais qu’il s’agisse d’une aventure coloniale comme The Idol Dancer (1920). Mais le discours rousseauiste sur les “bons sauvages” m’énerve comme celui anti-colonialiste du médecin alcoolique.
La séquence du naufrage est réalisée de manière très dynamique [20’16]. Les séquences sous-marines sont plus vivantes que celles que réalisera le commandant Cousteau vingt-sept ans plus tard avec des moyens plus sophistiqués.
Bon, je ne vais pas tout détailler. Il suffit de dire que les séquences intéressantes de ce film sont celles à caractère ethnographique... à la manière de Robert J. Flaherty, le pionnier du docufiction. Il cède aux fantasmes occidentaux sur la sexualité des Polynésiennes [48’08]. Ainsi, le docteur est séduit par une danseuse, interprétée par l’actrice mexicaine Raquel Torres, qui est taboue [43’16]. Il a droit de baiser avec elle parce qu'il a sauvé le fils unique du chef [57’25]. Wouaf, wouaf, wouaf. La suite est encore plus désastreuse.
J’ai coupé le son, car la musique extradiégétique n'apporte rien, bien au contraire.
Lire : Alfred TESTARD de MARANS, Souvenirs des Îles Marquises (1887-1888), 1889 [Partage en ligne].