"They Shoot Horses, Don't They?" se déroule durant un marathon de danse, dans les années 30. Pratique courante lors de la Dépression, ces marathons proposaient à des gens, en échange de nourriture et d'une prime pour le dernier restant debout, de danser jusqu'à l'épuisement. L'épreuve pouvait durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines... Dans ce film à mi-chemin entre le combat de gladiateurs et la télé-réalité, Sydney Pollack dresse un portrait noir de l'Humanité. Organisateurs cherchant les effets de spectacle, public voyeur qui se repaît de la misère humaine, et danseurs prêts à tout pour quitter leur basse condition, quitte à s'y enfoncer encore davantage : rien de glorieux chez les personnages !
Le réalisateur parvient à rendre intéressante une compétition pourtant assez statique, en montrant l'épuisement de ses protagonistes, et l'atteinte des limites de leur raison. Il livre d'ailleurs quelques scènes éprouvantes, telles des pétages de plombs dans les vestiaires, ou une course oppressante insérée au milieu du marathon. On note également quelques effets de styles originaux pour l'époque : un flash forward annonçant dès le départ le côté tragique de l'ensemble, et un montage champêtre initial déroutant. Par ailleurs, Michael Sarrazin est touchant en jeune homme paumé, mais on repère surtout Jane Fonda, excellente en femme cynique mais déterminée. Un drame étonnant.