Il y a un vraiment tout petit peu moins d'un an, nous allions voir, Alison Y., Guyness et moi ce que l'on peut encore aujourd'hui qualifier d'infâme parodie d'un film de Terrence Malick, par Malick en personne.
Ce soir nous fûmes de nouveau réunis plusieurs centaines de mètres plus loin, au Chambord pour voir le dernier J. Jarmusch.
Le Chambord, qui fait peau neuve petit à petit, a augmenté ses tarifs et possède encore une salle minuscule qui doit contenir grand maximum vingt cinq sièges dans un état douteux.
Distribué dans un peu plus de cent cinquante salles, il faut donc subir des conditions de projection discutables; si l'on souhaite voir le dernier né d'un cinéaste qui ne manque pourtant pas de talent, sur Marseille.
C'en est navrant, mais ce n'est pas ce qui m'arrête, un gobelet de pop corn à la main, je suis toujours prêt à affronter la façon dont on traite le septième art dans ma ville.
Le sieur Guyness, ayant travaillé d'arrache-pied pour un agitateur de curiosité toute la journée, n'arriva dans la salle que lorsqu'il ne restait plus qu'une place, devant, tout devant.
Fort heureusement pour lui, nous lui avions, à défaut de pouvoir lui garder un siège par devers nous, acheté une place afin qu'il puisse faire valoir son droit à être assis sur un siège.
Cependant, il faut dire que le public était éclectique, du jeune bien sous tout rapport dont la coupe de cheveux est d'autant plus ridicule qu'il l'arbore avec prestance, au couple de sexagénaire atterrés devant la taille et la vétusté de la salle.
Et cela est réjouissant, je ne pensais pas que Jarmusch fédérait un public aussi hétéroclite.
Car si l'hiver éclate, enfin bref.


Ni des lèvres, ni des dents.


Il est des films que l'on aimerait chérir, et dont la note, à l'instar de notre appréciation, ne cesse de dégringoler.
Le genre de film dont tu as envie de noter la moitié des phrases pour t'en servir comme titre pour ta critique mais que comme, contrairement à Guyness, tu ne prends pas de notes pendant le film, en sortant tu as tout oublié ou presque. Ou tout mélangé.
L'ambiance est bien posée dès le départ, beaucoup de nostalgie, le passé est chéri à l'instar de cette collection, enivrante, de guitares. L'éternel et l'éphémère se côtoient, et étrangement c'est le second qui fascine le premier.
On ne pourrait que trop louer la photographie du film, l'éclairage. Le chaud, le froid, les ombres.
Le vinyle, les Revox, les bobinos forcement, et l'amour de l'analogique.
Cela confère au fétichisme.
Si on ajoute l'iphone, on est devant un beau produit hispter-isant comme il faut.
Il ne faudrait pas oublier de conchier le reste de l'humanité...
Cela dit, ce genre de fétichisme n'est pas pour me déplaire, bien que je sois plus porté sur le latex, mais je m'égare, jusque dans la constellation de Centaure.


Aparté.
Sais tu qu'il existe une constellation de la Machine Pneumatique?
Et que l'étoile morte dont il est question dans le film se nomme BPM (how funny is that?) 37093.
Fin d'aparté


Le film continue sa route et la jonche de name dropping à tout va, on a encore droit à Fibonacci (coucou Lars) ainsi que pléthores de références littéraires, cinématographiques, scientifiques qui courent les rues désertes de cette ville fantôme. Ville transformée en terrain de jeu il n'y a pas si longtemps°.
Et on regrettera alors, que Jim n'ait pas plus envie de filmer la ville, comme il le fait merveilleusement bien avec ce théâtre devenu parking.
Comble du mauvais goût et c'est ainsi qu'on ne peut que embrasser le point de vue d'Adam sur nous autres zombies. Sérieusement? Ce lieu magnifique, un parking?


On est presque heureux quand débarque Ava, qui vient, comme promis, ou redouté c'est selon si tu te ranges à leur côté ou pas, mettre son petit grain de sel. Et poser son gros derrière, délicieux oui, sur le canapé d'Adam.


On est presque heureux, mais ça ne dure qu'un temps et le film n'en fini plus de nous perdre à tel point qu'on en ressort lessivé. En ayant trouvé le film long, un peu vain.
Nous n'avons pas passé un mauvais moment, mais quand même, allons Jim, il fait beau dehors, parfois, et les simples mortels ne sont pas dénué de talent. Regarde, toi par exemple...


xoxo.


° http://www.huffingtonpost.com/2013/12/10/detroit-skiing_n_4419564.html

Créée

le 6 mars 2014

Critique lue 1K fois

Kenshin

Écrit par

Critique lue 1K fois

29
30

D'autres avis sur Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive

7

VesperLynd

le 26 janv. 2015

Suivre

Je t'aime mélancolie ♪♫

L'immortalité est une plaie. Adam ne le sait que trop bien. Ce vampire reclus (et fan de bonne musique faut pas déconner), observe depuis des siècles la lente déliquescence du monde qui l'entoure...

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive

5

pierreAfeu

le 23 févr. 2014

Suivre

Beau, beau, beau et chiant à la fois !

Cette histoire de vampires n'est évidemment qu'un prétexte. C'est l'immensité du temps qui intéresse Jarmusch, la musique, l'amour peut-être. En vrai romantique resté bloqué au XIXe siècle, cultivant...

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive

6

Sergent_Pepper

le 4 mars 2014

Suivre

Un bouquet d’immortels

« L’éternité, c’est long. Surtout vers la fin. » affirma un jour Woody Allen, paraphrasant probablement Kafka, lui aussi un grand comique en son temps. Dès les premières minutes du films, on se dit...

Du même critique

Festen

Festen

8

Kenshin

le 17 août 2011

Suivre

*petit tintement de verre* * raclement de gorge*

"Si je vous ai réunis autour de cette table c'est pour vous asséner un coup poing dans l'estomac, une tarte dans vos gueules de mouflets, trop heureux de tenir devant vos yeux ma pellicule crasse.Je...

À la merveille

À la merveille

3

Kenshin

le 7 mars 2013

Suivre
Dernière modification

le 7 mars 2013

Olga The Movie

Hier soir, après avoir quitté Guyness et raccompagné AlisonY. chez elle, j'envisageais plusieurs façons de faire ma critique de To the Wonder. Je pensais tenter un tweet: Malick voulait filmer Olga...

Gravity

Gravity

1

Kenshin

le 18 oct. 2013

Suivre

La séance où j'ai rencontré FeedMe.

Gravity, j'étais presque arrivé à me dire, je le verrais si je le vois, car lorsque j'avais proposé une séance entre gens du sud est, seule FeedMe semblait intéressée. Ne voilà t il pas que Guyness...