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le 26 janv. 2015
SuivreJe t'aime mélancolie ♪♫
L'immortalité est une plaie. Adam ne le sait que trop bien. Ce vampire reclus (et fan de bonne musique faut pas déconner), observe depuis des siècles la lente déliquescence du monde qui l'entoure...
Dans le cadre de sa descente pédante et prétentieuse vers un cinéma intello à la mord-moi le nœud, Jim se met métaphoriquement en scène à travers un couple d'êtres supérieurs: des vampires dans un monde actuel où le commun des mortels se voudra taxé du surnom trop bien trouvé de "Zombie" (lire "Moldu" pour les initiés d'HP). Houlala, mais y irait-il d'une critique de la société alors? Non, ne t'en fais pas, si critique il y a, elle reste générique ou elle ne s'adresse pas à toi, simple zombie débile, regarde plutôt ces objets cultes, qui n'aime pas une belle guitare? un beau peignoir en soie? même les pantoufles sont stylées!
Ce film-critique se contente de se titiller le nombril en cherchant: Jim, comment es-tu devenu si creux?
Lui Adam, elle Eve (trop fort! mais arrête Jim, tu fais suinter tes stigmates) passent leur temps à se la toucher en ressassant de quoi tenter d'intéresser la caméra à savoir "j'ai tout vu, tout eu, tout lu, tout su, tout essayé, tout niqué", blasés pire que la mort, savourant un petit hémoglobine de contrebande dans le beau service de famille en cristal.
Hohooo! mon cher, votre élégant peignoir est multi-centenaire, puis-je un instant en toucher sensuellement l'étoffe pour en faire l'analyse-minute? Oooh! Mmmh... il date de... il semble sorti de chez son tailleur le 14 juillet 1789 à Paris! Comme c'est romantique! (Pourtant vous ne le quittez pas depuis des lustres et il commence à dégager le vieux bouc, sans compter les acariens qui doivent feindre la surpopulation, une bonne machine lui ferait du bien, non?)
Et vas-y que j'te fais des références-test où un portrait, une citation prouvent que décidément ce Jim Jarmusch ne peut résolument pas être rangé parmi les paltoquets.
Ouais tu vois, Schubert était sympa mais un pauv'mec aussi, j'lui ai un peu enseigné de quoi se lancer, ouais, j'lui ai filé une de mes compos, cool quoi, tu me connais. "Non ça va" que j'lui ai dit, signe-la Schubert, c'pas grave, à l'aise. Chui comme ça moi... Puis allé, tant qu'on y est, vas-y que j'te lâche encore un scoop: le rock'n'roll, c'est encore moi: Adam, fils de Jarmush, c'est moi qui l'a inventé, hé hé! d'autres questions en musique?
- Ouais, Nico était un chouette gars, carrément créatif pour un zombie, on se comprenait vraiment bien! Chépa pourquoi y z'ont pas voulu de sa turbine rigolote en préférant cette nouille d'Edison?! Moi en tout cas, j'ai tout mon matos en technologie Tesla à la maison et ça cartonne! (vampire mais pas con, adieu l'éternelle note gaz/élec pour enfin accéder à ce dont chacun/e rêve secrètement, à savoir: Allumer chez soi, dans chaque pièce, toutes les lumières et machines possibles en permanence). "Oh ben tiens, zut, ça tombe justement en panne, viens avec moi à la cave, je vais te la montrer", bien que tu t'en foutes complètement puisque tu es une femme...
Ils se rendent à Tanger au chevet de leur mentor et ami mourant:
- Marlow: Ouais, allé, j'vais vous le dire, vu que je vais crever (puisque j'ai pas de lover pour left alive), et surtout que vous allez sûrement pas cafter vu votre autisme avancé:
1. Je ne suis pas Gandalf, je suis l'autre acteur, celui de 1984 qui est devenu vieux, je ...m'appelle ...John ...Hurt ...
2. "Toubiornotoubi"? "William Shakespear"? Qui ne connaît pas ce nom? Mmmmh? Célèbre par ses écrits! Eh bien, accrochez-vous, mes amis, à la télécommande de vos chaises-à bascule car vous me voyez arriver en paquebot: C'est Moi et toujours Moi qui ai écrit ses pièces maîtresses! (Ah oui, un peu comme l'autre avec sa fameuse "Truite", on s'en doutait, vieille fripouille, et en plus, tu as oublié qu'on était blasé)
Ah putain les copains, on est des géni.. des gén........ Aaaarghh.......rheuuuuuuuu...pof!
Notons que la bougresse d'Eve n'en a pas profité, durant sa vie pluri-séculaire, pour apprendre à jouer d'un instru où l'autre et ainsi partager un peu de zik (un p'tit boeuf, 'tite jam, impro libre?) avec son cher et tendre qui est donc supposé suinter le lyrisme en créateur génialissime et obsédé par son art (quoique jouant très peu).
Nous en étions au petit détour par Tanger, pas de raison que la prod n'aille pas faire le plein de shit et de soleil, ce n'est pas forcément parce que le film est ennuyeux qu'il faut se faire chier en tournage!
On en profite pour découvrir une jeune chanteuse locale qui semble émoustiller notre esthète d'Adam de service.
Locale, donc marocaine (?) (En fait, Yasmine Hamdan est libannaise) On est cependant loin de la transe Gnawa ou de relents à la Nas el Ghiwan où même de toute musique enracinée dans la culture arabe. Pourtant, indéniablement une touche orientale colore cette chanson... mystère. Visuellement le cliché de la femme fatale muslim ne prête à aucune confusion mais musicalement, on entend surtout une sorte de musique de variété israélienne qui m'a laissé l'impression d'être face à une saucissonnade passible d'eurovision !
J'estime que Jim Jarmusch use tout au long de son film de clichés éculés dans une métaphore pauvre et téléphonée. Tout ce que le talent d'un réalisateur s'emploie à rendre subtile, imperceptible, il nous le flanque à l'avant-plan et en grandes pompes avec au comble condescendance, arrogance et prétention, un peu comme si une sénilité précoce de "parvenu" lui tirait les ficelles... Sera-t-il bientôt aux commandes d'un bon vieux gros block-buster ?
Créée
le 29 juin 2014
Modifiée
le 2 juil. 2014
Critique lue 403 fois
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