Voilà typiquement le type de pitch qui nous faisait saliver d’avance: d’une bêtise assumée tout en étant d’une simplicité foncièrement excitante. En gros: l’expérience d’un savant fou sur des US Marines conduit à la création de super-soldtats quasi invincibles qui vont s’échapper de leur base secrète dans le désert du Nevada. Ceux-ci vont tuer tout ce qui bouge aux alentours pour arriver à un parc de RV ou vit une mère, accessoirement ancienne marine accro à la gâchette avec sa fille. La promesse du film tient donc sur cet affrontement entre cette femme jouée par une Adria Arjona très crédible en nouvelle égérie musclée (et au top des pronostics pour jouer la nouvelle Wonder Woman paraît-il) et ses soldats génétiquement modifiés. Voilà donc un postulat bête et méchant promettant une série B sous stéroïdes, nerveuse et jubilatoire. Un film cherchant plus à galvaniser et flatter nos plus bas instincts que concourir pour le prix de la finesse et de l’originalité. Et on était plus que preneur surtout qu’Adam Wingard, réalisateur du sympathique et bandant jeu de massacre « You’re next » puis des derniers blockbusters du Monsterverse Warner tel que « Godzilla VS Kong », est à la barre. Le voir revenir à ses premières amours avec ce type de film d’action volontairement décérébré et, supposément, extrême et sans concession était donc plutôt gageure de réussite. Sauf que « Contre-attaque » est une sorte de grosse déconvenue, un pétard mouillé ou encore un festival de belles promesses non tenues pour un résultat hautement frustrant.
En entrant dans la salle, on est donc hypé comme un gosse qui reçoit son nouveau G.I.Joe pour lancer une autre bataille de figurines. Et on se doute que ce type de production ne titillera les bas instincts que des spectateurs clients de ce genre de film à la « Hyper tension » pour le côté survolté ultra violent ou « Atomic Blonde » pour l’héroïne badass (et le côté ultra violent également). Les premières séquences présentent le personnage de la mère, les expérimentations du docteur fou et les minces enjeux. C’est partiellement intéressant et rarement palpitant. On attend donc avec impatience que les hostilités commencent. Sauf que sur une film d’à peine une heure et demie, elles tardent bien trop longtemps à se concrétiser! Le véritable affrontement entre cette maman aux gros bras et ces trois soldats semblant sortir d’un film de science-fiction débarque à peine 30 minutes avant la fin! Avant cela, des séquences inutiles s’amoncellent coulées au sein d’une fausse montée en tension où on retiendra juste une séquence de fusillade assez intense et brillante dans une station-service. C’est bien peu. En outre, « Contre-attaque » se disperse sur des personnages secondaires inutiles (l’agent du gouvernement joué par Drew Starkey, la femme du docteur jouée par une Rebecca Hall sacrifiée, …) et tourne autour du pot. Il embrasse son sujet de loin sans jamais l’étreindre, laissant le film d’action intense et gore attendu aux oubliettes. Et quant au final censé matérialiser la presque entièreté du long-métrage, il ne tient pas plus ses promesses. En plus d’être court, il est circonscrit dans la pénombre, rarement original dans les fusillades ou les coups portés et il ne capitalise que rarement sur l’aura presque horrifique de ses antagonistes. Seules quelques fulgurances laissent présager sporadiquement du délire énervé et jouissif qu’aurait pu être ce film avec un tel potentiel moins sacrifié. Décevant, frustrant et un beau gâchis qui se regarde mais s’oublie vite!
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