L' intro des plus réussie culmine avec le fameux réacteur dorsal, un gadget qui existe réellement suivie par un générique chanté par la voix grave de Tom Jones. L'intrigue met ensuite un peu de temps à se mettre en place. Pendant une heure, on fait connaissance des différents personnages et James se mesure à son adversaire le borgne Largo (Adolfo Celi), n°2 du Spectre. Par rapport à Dr No, Red Grant, ou Goldfinger, Largo manque un peu de brio et de charme. Mais ce manque est contrebalancé par un festival de Bond Girls exceptionnelles : la physiothérapiste Patricia (Molly Peters), l'espionne Paula (Martine Beswick) mais surtout la belle naïade Domino (Claudine Auger) et la tueuse Fiona Volpe (Luciana Paluzzi) dont la tenue en motarde vêtue de cuir restera mythique. Comme dans Goldfinger (1964), les dialogues sont très travaillés, parfois mordants, souvent légèrement ironiques ou seulement ludiques. L'échange tout en perfidie acérée entre Bond et Volpe à propos de leur nuit d'amour est là pour l'illustrer.
Même si la scène de course-poursuite pendant la fête junkanoo, qui se termine par la danse mortelle avec Fiona, vaut son pesant de cacahuètes, le clou du film est bien sous-marin. 9 ans après Le monde du silence de Cousteau, la mode était au monde maritime. Et la bataille finale sous l'eau, exceptionnellement filmée, était à l'époque et reste aujourd'hui inoubliable. Et puis Bond est tellement sexy dans son slip de bain bleu...